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Rapport parlementaire sur l’irrégularité : les Algériens, première nationalité interpellée

il y a 4 heures
2 min de lecture

Le rapport remis à l’Assemblée nationale le 16 septembre 2026 dresse un constat sans ambiguïté : les interpellations de ressortissants algériens en situation irrégulière ont connu une hausse spectaculaire et continue, révélatrice d’un véritable changement d’échelle. En trois ans, la France est passée de quelques milliers d’interpellations en 2023 à plusieurs dizaines de milliers en 2024 et près de 50 000 en 2025, faisant des Algériens la première nationalité interpellée dans le pays.


En 2025, ils représentent 27 % de l’ensemble des étrangers arrêtés en situation irrégulière, loin devant les Tunisiens (9 %), les Marocains (8 %), les Érythréens (4 %) et les Soudanais (3 %). Cette surreprésentation se retrouve dans tous les maillons de la chaîne : les contrôles, les statistiques, et les centres de rétention administrative, où les Algériens constituent environ 30 % des personnes retenues.


Pourtant, cette intensification ne débouche pas sur une hausse des expulsions. Moins de 5 % des obligations de quitter le territoire sont exécutées, révélant une mécanique paradoxale : la France multiplie les arrestations sans parvenir à éloigner. Les Algériens deviennent ainsi les acteurs involontaires d’un cycle de contrôle, rétention et réinterpellation, symptôme d’une politique davantage tournée vers la production de chiffres que vers l’efficacité administrative.


Les retombées pour l’Algérie sont lourdes. Sur le plan diplomatique, ces statistiques alimentent une rhétorique française de fermeté qui place Alger dans une position défensive, sommée de délivrer davantage de laissez‑passer consulaires. Sur le plan symbolique, la surreprésentation des Algériens dans les dispositifs de contrôle nourrit une stigmatisation transnationale, où l’irrégularité finit par se confondre avec une nationalité. Sur le plan politique, le rapport renforce l’idée, côté algérien, d’une instrumentalisation de ses ressortissants dans les débats internes français sur l’immigration.


Au final, ce document révèle une relation franco‑algérienne prise dans une spirale de tensions, où la France durcit ses pratiques sans résoudre ses blocages administratifs, et où l’Algérie voit ses citoyens devenir un enjeu politique plutôt qu’un partenaire de coopération réelle. Une politique de visibilité qui, loin d’apaiser, fragilise encore davantage le lien entre les deux pays.


Nadia B

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