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10 ans après l’attaque terroriste d’In Amenas, l’Algérie recrute une armée de vigiles


Conscient que son économie dépend en grande partie de la vente d’hydrocarbures, l’Algérie semble avoir retenu la leçon, en vantant ses investissements massifs pour la sécurisation des infrastructures pétrolières et gazières, dix ans, jour pour jour, après l’attaque terroriste d’In Amenas qui avait fait des dizaines de morts sur un site gazier.


En janvier 2013, l’Algérie était la cible de l’une des plus spectaculaires attaques terroristes sur son territoire. Le groupe des “signataires par le sang”, né d’une scission avec Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) mais étant resté affilié à Al-Qaida, avait organisé la prise en otage de travailleurs du complexe gazier de Tiguentourine, à proximité d’In Amenas. L’assaut des forces spéciales de l’armée s’était soldé par un bain de sang, avec la mort de 37 otages et l’élimination de 29 terroristes, rappelle le journal algérien Reporters.


La chambre d’accusation près la cour d’Alger a renvoyé quatre personnes impliquées dans cette affaire devant le tribunal criminel. La décision a été prise le 13 janvier 2013, après cassation auprès de la Cour suprême.


Selon une source judiciaire, « le dossier de l'affaire terroriste de prise d'otages survenue en 2013 à Tiguentourine a été scindé en deux parties. Une première partie concerne les accusés en détention provisoire (4 détenus), dont le dossier a été renvoyé devant le tribunal criminel de première instance de Dar-el-Beïda (Alger), et l’autre partie concerne les accusés qui sont en fuite et dont le dossier était en cours d’instruction ».


Le site gazier de Tiguentourine employait 790 personnes dont 134 de 26 nationalités. Durant l'intervention des forces de l'Armée nationale populaire, 29 terroristes du groupe qui a mené l'attaque contre ce complexe gazier ont été éliminés et trois autres capturés, selon un bilan officiel.


Il est à noter également que cet acte terroriste avait été revendiqué par le groupe armé « les Signataires par le sang », dirigé par Mokhtar Belmokhtar, alias Belaouar, dit le « Borgne ». Un chef terroriste que plusieurs médias ont déclaré mort en Libye à la suite d’un raid coordonné par les forces françaises et américaines.



Depuis, l’Algérie assure avoir mis en place une stratégie pour sécuriser ses infrastructures pétrolières et gazières.


“Depuis janvier 2013 et les événements de Tiguentourine, le dispositif sécuritaire de Sonatrach s’est considérablement développé”, a assuré le président de l’entreprise nationale d’exploitation des hydrocarbures (Sonatrach), Toufik Hakkar, lors d’une conférence de presse dimanche 15 janvier 2023.


Il a affirmé, à titre d’exemple, que plus de 22 000 agents de sécurité étaient désormais chargés de la protection de 20 000 kilomètres de pipelines, nécessitant un budget de 400 millions de dollars (plus de 368 millions d’euros) durant l’année 2021.


Le coût global de la sécurité chez Sonatrach serait quant à lui nettement plus élevé – fruit d’une collaboration avec le ministère de Défense nationale. Mais, “la sécurité n’a pas de coût”, a martelé Hakkar, estimant qu’un seul incident pouvait avoir des conséquences sur l’ensemble de la production.


L’attaque terroriste contre ce site gazier est en fait considérée en Algérie comme une sorte de «11 Septembre 2001». Jamais le pays n’a connu une attaque aussi sanglante dans une région censée être ultra sécurisée. C’est le cœur même du pays qui a été frappé, sachant que la région représente le poumon économique de la nation toute entière.



La Rédaction

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