Affaire Amir DZ : la justice française refuse de libérer l'agent consulaire algérien
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La cour d'appel de Paris a confirmé le maintien en détention de l'agent consulaire algérien mis en examen dans l'enlèvement présumé d'Amir Boukhors. Le parquet général a pris le contre-pied du Pnat, qui plaidait pour une libération sous contrôle judiciaire. L'avocat de l'opposant y voit le refus de faire de son client une monnaie d'échange contre le journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie.
La chambre de l’instruction de la cour d'appel de Paris a confirmé mercredi le maintien en détention de l'agent consulaire algérien mis en examen dans le dossier de l'enlèvement d'Amir Boukhors, selon une source judiciaire citée par l'AFP. La décision entérine l'ordonnance rendue le 18 juin par le juge des libertés et de la détention, contre laquelle le mis en examen avait fait appel.
Le parquet général avait requis cette confirmation. Il a fait valoir plusieurs arguments devant la cour, au premier rang desquels le risque de pressions sur les témoins et de concertation avec d'autres personnes impliquées dans le dossier, mais aussi le trouble à l'ordre public et la nécessité de garantir la présence du mis en examen sur le sol français.
Cette position tranche avec celle du parquet national antiterroriste. Saisi d'une demande de remise en liberté déposée le 10 juin par les conseils de l'agent consulaire, le Pnat s'était prononcé, au vu des pièces produites, en faveur d'une libération assortie d'un contrôle judiciaire. Le juge d'instruction avait alors saisi le JLD, qui avait rejeté la demande.
Amir Boukhors, connu sous le pseudonyme d'Amir DZ, est un youtubeur algérien réfugié en France et suivi par des centaines de milliers d'abonnés sur les réseaux sociaux. Il affirme avoir été enlevé puis séquestré en région parisienne en avril 2024. L'agent consulaire a été mis en examen un an plus tard, en avril 2025. Sa défense n'a pas souhaité s'exprimer après la décision de jeudi.
Un dossier judiciaire pris dans un contentieux diplomatique
L'avocat d'Amir Boukhors, Eric Plouvier, avait publiquement redouté que son client ne fasse les frais d'une négociation d'État. Il craignait que le fonctionnaire détenu en France ne devienne une contrepartie dans les discussions entourant le sort de Christophe Gleizes, ce journaliste sportif français interpellé en mai 2024 en Kabylie alors qu'il enquêtait sur un club de football. Condamné en juin 2025 à sept ans de réclusion pour apologie du terrorisme, il a vu sa peine confirmée en appel au mois de décembre.
Me Plouvier a qualifié les réquisitions du Pnat d'anomalie. Selon lui, le parquet général et la cour d'appel ont rétabli l'équilibre en séparant la procédure française du litige bilatéral né de la détention du journaliste. L'avocat avait auparavant averti qu'un échange créerait un précédent fâcheux, une forme de troc intercontinental étranger à l'office du juge, et qu'il reviendrait à délivrer un blanc-seing aux services parallèles des États voyous. Il précisait dans le même temps que le sort de Christophe Gleizes n'était pas indifférent à Amir Boukhors, loin de là.
Il va sans sire que les deux affaires ont pesé lourd dans la dégradation des relations franco-algériennes. L'enlèvement de l'influenceur, dans lequel son entourage juridique voit la main des autorités algériennes, avait provoqué une crise ouverte au printemps 2025, marquée par des expulsions croisées de personnels diplomatiques. La détention de Christophe Gleizes a prolongé le bras de fer.
Ces derniers mois ont ouvert une période de détente, dont le retour de l'ambassadeur Stéphane Romatet à Alger constitue le signal le plus visible. La décision de la cour d'appel rappelle toutefois que le calendrier judiciaire français obéit à sa propre logique, indépendamment des gestes diplomatiques.
Les parents du journaliste, qui n'ont cessé de plaider sa cause depuis un an, disent espérer une grâce présidentielle d'Abdelmadjid Tebboune. Rien n'indique pour l'heure qu'elle soit à l'ordre du jour.
Amine B.



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