L’affaire Mourad Atmimou : arrestation controversée et charges lourdes
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Après deux jours de garde à vue et une demi‑journée d’interrogatoire, le journaliste Mourad Atmimou a été placé jeudi en début d’après‑midi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal d’Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Arrêté mardi 7 juillet dans une cafétéria d’Azazga, l’animateur de l’émission Tizi n Wass‑a sur Dzair TV est poursuivi pour "apologie de terrorisme", "atteinte aux symboles de l’État" et "diffusion de discours de haine", des accusations relevant de l’article 87 bis du code pénal. Il est en attente de procès.
Selon des sources judiciaires, Atmimou avait d’abord été interpellé pour « obstruction à une opération électorale », alors qu’il assurait une couverture impartiale des élections législatives dans la wilaya de Tizi Ouzou, où il réside. Cette accusation a rapidement été abandonnée. La fouille de ses téléphones a ensuite conduit la justice vers des charges plus lourdes, fondées sur certaines de ses publications sur les réseaux sociaux, son principal support ces derniers mois.
Parmi les contenus « mis en cause », figure une déclaration où le journaliste raconte qu’il n’a découvert la langue arabe qu’à son entrée à l’école, lui qui ne parlait jusque‑là que le tamazight : « Je me suis senti étranger dans mon pays », a‑t‑il écrit. D’autres publications, notamment des extraits de ses anciennes émissions Tizi n Wass‑a, lui ont été présentées comme des « preuves » d’atteinte aux symboles de la nation.
L’ONG Riposte Internationale a qualifié son arrestation d’« enlèvement », affirmant que les services de sécurité n’avaient initialement communiqué ni le lieu de la garde à vue ni la nature des charges. Depuis, les réactions se multiplient : journalistes, confrères et associations réclament des éclaircissements sur les conditions de l’interpellation et exigent que les droits du journaliste soient garantis à chaque étape de la procédure.
Ses avocats, Yamina Alili, Hakim Saheb et Amar Zaïdi, ont annoncé qu’ils allaient introduire un appel de la décision de placement en détention provisoire.
Essaïd Wakli et Amine B



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