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Affaire Bensmaïl : la justice confirme la responsabilité de deux nouveaux prévenus sur la base d’éléments techniques

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Cinq ans après le lynchage de Djamel Bensmaïl, le tribunal de Dar El Beïda a prononcé de nouvelles condamnations dans un dossier renvoyé par la Cour suprême.  


Le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda a rendu cette semaine un nouveau jugement dans l'affaire de l'assassinat de Djamel Bensmaïl. Deux accusés supplémentaires ont été condamnés à vingt ans et dix ans de réclusion criminelle pour complicité de meurtre avec préméditation et guet-apens, soit les peines les plus lourdes prononcées dans ce volet distinct du dossier. La cour a également condamné les deux prévenus à verser cinq millions de dinars de dommages et intérêts aux ayants droit de la victime.  


La chambre a fondé sa décision sur un faisceau de preuves techniques et matérielles. L'analyse des empreintes digitales, le recoupement des images et l'exploitation des vidéos diffusées à l'époque ont établi la présence des deux hommes sur les lieux de l'agression et leur participation directe aux violences. Le premier accusé avait tenté de prendre la fuite après les faits avant d'être interpellé. Le second a été mis en cause par ses empreintes retrouvées sur une bouteille d'eau visible dans les enregistrements, au moment où la victime se trouvait à bord d'un véhicule de police. Malgré ces éléments, les deux prévenus ont maintenu leur dénégation tout au long de la procédure.  


Cette condamnation s'inscrit dans le cadre du renvoi ordonné par la Cour suprême. Un pourvoi en cassation formé contre les jugements de la cour criminelle d'appel du 23 octobre 2023 avait en effet été accepté, et la Cour suprême avait programmé la reprise de l'examen du dossier à compter du 1er mars 2026 devant le tribunal de Dar El Beïda, dans une formation composée d'un président et de deux conseillers, sans la participation de jurés.  


Un parcours judiciaire en trois actes  

Le dossier judiciaire avait déjà connu deux phases. Le 24 novembre 2022, le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda avait condamné 49 accusés à la peine capitale pour crime d'homicide et lynchage, 28 autres à des peines allant de deux à dix ans de prison ferme, et acquitté 17 prévenus. Le chef du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat M'henni, avait pour sa part été condamné par contumace à la réclusion à perpétuité.  


En appel, le tribunal criminel d'appel avait ramené à 38 le nombre de condamnations à mort, retenant notamment les chefs d'homicide volontaire avec préméditation, torture et incitation à la torture, ainsi que mise à feu volontaire des cultures ayant entraîné la mort de plusieurs personnes. Six accusés avaient écopé de vingt ans de prison ferme et 23 autres de peines allant de trois à dix ans, tandis que 26 avaient été acquittés. Ces condamnations capitales avaient été automatiquement commuées en réclusion à perpétuité, conformément au moratoire sur les exécutions en vigueur en Algérie depuis 1993.  


Le 11 août 2021, à Larbaâ Nath Irathen  

Djamel Bensmaïl, né le 23 février 1985 à Miliana dans la wilaya d'Aïn Defla, était musicien, artiste peintre et militant du Hirak algérien, connu dans sa ville pour son engagement dans de nombreuses causes humanitaires. Il s'était rendu volontairement dans la région de Larbaâ Nath Irathen pour prêter main-forte aux victimes des incendies qui ravageaient alors la wilaya de Tizi Ouzou. Accusé à tort d'être l'auteur des feux par une foule en colère, il avait été extrait des mains des forces de l'ordre, lynché et brûlé sur la place publique. Des images du lynchage avaient circulé massivement sur les réseaux sociaux, suscitant une vague d'indignation dans tout le pays.  


Amine B.  

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