Affaire Gleizes : la mise en garde paradoxale de Ségolène Royal
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L’affaire Christophe Gleizes vient de prendre un nouveau tournant. Alors que Ségolène Royal appelle à la “discrétion” et met en garde contre toute instrumentalisation politique, sa propre mise en scène lors de sa visite à la prison de Koléa soulève de vives critiques. Entre accès privilégié, photo controversée et conditions de visite très éloignées de celles imposées aux familles de détenus algériens, le débat sur l’égalité de traitement en détention est relancé.
Au micro de Berbère Télévision, Ségolène Royal a appelé à « arrêter d’instrumentaliser l’affaire Christophe Gleizes ». Présente au pavillon algérien de la Foire de Paris, la présidente de l’association France‑Algérie a dénoncé l’usage politique du dossier du journaliste détenu à Koléa, estimant que toute pression diplomatique est « contre‑productive ». Elle a défendu une approche strictement humanitaire, fondée sur la « discrétion », et rappelé que Christophe Gleizes lui‑même refuse que son nom serve de levier dans les relations entre Paris et Alger.
Mais c’est précisément cette « discrétion » que Ségolène Royal ne respecte pas, selon de nombreux observateurs. En rendant publique une photographie prise lors de sa visite au pénitencier — un cliché où elle apparaît souriante aux côtés du journaliste, un livre sur l’Émir Abdelkader à la main — elle a elle‑même contribué à médiatiser un dossier qu’elle demande aux autres de ne pas exposer. Le décor de la rencontre, manifestement un bureau et non un parloir, a renforcé les critiques : la scène ne ressemble en rien aux conditions de visite imposées aux familles de détenus algériens.
Sur les réseaux sociaux, les internautes ont rappelé que les proches des prisonniers en Algérie ne bénéficient ni de tête‑à‑tête, ni de contact physique, ni de séances photo. Les visites sont limitées à quelques minutes, une fois tous les quinze jours, derrière une vitre et via un téléphone. Le contraste entre ces restrictions et l’accès privilégié accordé à Mme Royal a été perçu comme une inégalité flagrante de traitement, voire comme une instrumentalisation politique qu’elle reproche pourtant aux autres.
Pour plusieurs défenseurs des droits humains, cette contradiction met en lumière un problème plus large : l’opacité des régimes de visite, la gestion discrétionnaire des autorisations et l’absence de garanties uniformes pour tous les détenus, quelle que soit leur nationalité. L’épisode, loin d’apaiser les tensions, relance le débat sur l’égalité de traitement en détention et sur la nécessité d’un cadre transparent, équitable et non discriminatoire.
Yacine M