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Alger pleure Sid-Ahmed Agoumi, le géant modeste du cinéma algérien

il y a 3 heures
2 min de lecture

Le comédien, acteur et homme de culture, Sid-Ahmed Agoumi, est décédé ce dimanche matin à Alger à l’âge de 86 ans des suites d’une longue maladie.


De son vrai nom Sid-Ahmed Meziane, Agoumi -nom d’emprunt qu’il a employé pour éviter que sa mère ne le reconnaisse à la radio au début de sa carrière- fait partie des figures les plus marquantes du cinéma algérien, en tant qu’acteur et réalisateur, mais également comme gestionnaire d’établissements culturels. Il a joué dans une cinquantaine de films, en Algérie et en France, dont le célèbre Z du réalisateur franco-grec Costa Gavras (1969). Il a également été en tête d’affiche dans des films comme Zone Interdite (réalisé par Ahmed Allam en 1974), Morituri, réalisé par Okacha Touita et inspiré du roman éponyme de Yasmina Khadra ou encore Indigènes, de Rachid Bouchareb.


A la télévision, Sid-Ahmed Agoumi a crevé l’écran dans Djemaï Family ou Achour El-Acher, tous deux réalisés par Djaffer Gacem. Il a également géré la Maison de la Culture de Tizi-Ouzou et le Théâtre national algérien. Dans les années 1990, il a quitté le pays à cause du terrorisme pour vivre pendant une dizaine d’années en France avant de rentrer au pays au début des années 2000. Malgré son âge relativement avancé, il a continué à travailler et à se produire jusqu’à ces dernières années.


La disparition de l’icône du cinéma algérien a fait réagir ses collègues et d’autres personnalités nationales. « Une immense carrière, un parcours exemplaire, mais au-delà de l’acteur, je veux me souvenir de l’homme : généreux, drôle, simple, avec cette façon bien à toi de rendre les moments plus légers », note le réalisateur Bachir Derraïs. Nous avons partagé au moins un quart de siècle de travail, d’amitié, de complicité et surtout de fous rires. Des souvenirs qui resteront avec moi pour longtemps ». Le chanteur Hamidou a salué la mémoire « de notre légende ».


En 60 ans de carrière, Sid-Ahmed Agoumi s’est imposé non-seulement comme acteur ou comédien, mais il est devenu, avec Biyouna, Sid-Ali Kouiret ou Rouiched, l’une des icônes incontestables du cinéma algérien. Homme de grande culture (il déclamait souvent des poèmes des grands auteurs algériens à l’image de Kateb Yacine, Mohamed Dib ou Mouloud Feraoun), d’une élégance rare, il savait manier la comédie et le drame en faisant preuve d’un talent rare. Ceux qui l’ont connu décrivent un homme d’une extrême modestie malgré son immense carrière. Sa fille, Samia Meziane est également actrice et comédienne.


Essaïd Wakli

 
 
 

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