Boumerdès : les déchets médicaux abandonnés révèlent les failles d’un système sous surveillance

La découverte d’une décharge sauvage de déchets médicaux et pharmaceutiques à Hammadi, dans la wilaya de Boumerdès, suscite une vive inquiétude parmi les habitants. Au-delà de l’atteinte directe à l’environnement, cette situation soulève une question plus large : celle de la gestion des déchets issus des établissements de santé et du respect des normes censées encadrer leur collecte, leur transport et leur élimination.
Les images diffusées par Boumerdès News montrent des déchets à caractère médical abandonnés à ciel ouvert, exposés aux intempéries, aux animaux errants et à d’éventuelles manipulations par des personnes non protégées. Or, ce type de déchets est considéré comme particulièrement sensible en raison des risques biologiques, chimiques et sanitaires qu’il peut représenter pour la population et les écosystèmes.
Cette découverte ravive également des interrogations anciennes sur les conditions dans lesquelles certains établissements de santé gèrent leurs déchets. Des observateurs du secteur rappellent qu’en principe, les structures privées sont soumises à des obligations strictes avant l’obtention de leurs agréments, notamment en matière de traitement des déchets à risque. Selon des informations ayant déjà fait l’objet de contestations dans le passé, certains établissements auraient pourtant fonctionné sans disposer des équipements requis, transférant alors une partie de leurs déchets vers des structures hospitalières publiques.
Les témoignages recueillis illustrent l’ampleur des préoccupations. L’un d’eux rapporte avoir assisté, à l’intérieur d’un centre hospitalier universitaire, au passage d’une benne à ordures débordant de déchets hospitaliers. Selon ce récit, un freinage brusque aurait provoqué la chute sur la chaussée d’un fragment anatomique humain transporté parmi les déchets. Si un tel témoignage ne peut être établi comme un fait vérifié de manière indépendante, il traduit néanmoins un sentiment largement partagé : celui d’une gestion parfois défaillante de déchets dont la dangerosité exige pourtant une traçabilité et un contrôle rigoureux à chaque étape du processus.
La situation observée à Hammadi apparaît ainsi moins comme un incident isolé que comme le symptôme possible d’un problème plus profond. Lorsqu’ils échappent aux circuits réglementaires, les déchets médicaux deviennent un danger collectif. Ils peuvent favoriser la propagation d’agents pathogènes, exposer les récupérateurs informels à des contaminations graves et contribuer à la pollution durable des sols et des nappes phréatiques.
Face à cette situation, des citoyens ont interpellé le ministère de la Santé ainsi que la Direction de l’environnement de la wilaya de Boumerdès afin qu’une enquête soit ouverte et que les responsabilités soient établies. Ils réclament également l’évacuation rapide de cette décharge sauvage ainsi que des contrôles renforcés sur l’ensemble de la chaîne de gestion des déchets hospitaliers.
En attendant une réaction officielle des autorités concernées, cette affaire rappelle qu’en matière de santé publique, la question des déchets ne constitue pas une problématique secondaire. Elle est au contraire l’un des indicateurs les plus révélateurs du niveau de contrôle, de transparence et de responsabilité des institutions chargées de protéger les citoyens. Une seringue, un médicament périmé ou un déchet anatomique abandonné dans la nature ne témoignent pas seulement d’une négligence ponctuelle : ils révèlent les conséquences potentiellement graves d’un système qui cesse d’être surveillé avec la rigueur qu’exige la protection de la vie humaine.
Source Vidéo: Boumerdès News
Nadia B



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