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Ceuta : les premières expulsions de ressortissants algériens ont commencé

il y a 8 heures
3 min de lecture
©Capture écran télévision espagnole 
©Capture écran télévision espagnole 

Cinquante et un migrants algériens ont quitté Ceuta ce mercredi, premiers renvois vers l'Algérie depuis le début de la crise migratoire de l'enclave. L'opération suit trois visites ministérielles espagnoles consacrées à l'immigration depuis mars, la dernière conduite par Pedro Sánchez en juillet.


Quarante-neuf jours après leur entrée dans l'enclave espagnole, ils ont été conduits par la Police nationale devant le tribunal de garde de la ville avant leur transfert vers un centre de rétention dans la péninsule, étape préalable à leur expulsion.


Le ministre espagnol de la Politique territoriale, Ángel Víctor Torres, mandaté pour piloter la crise migratoire de Ceuta, a confirmé l'opération en fin d'après-midi à la Délégation du gouvernement. « La procédure de renvoi est arrivée à son terme, ils vont donc être reconduits et quittent Ceuta », a-t-il déclaré, cité par El Pueblo de Ceuta. Ces cinquante et un hommes étaient arrivés avant l'entrée massive des 30 et 31 juillet, lorsque environ 80 000 personnes avaient franchi la frontière depuis le Maroc en quelques jours.


Sur la destination exacte du transfert, les sources locales divergent. El Pueblo de Ceuta et Infobae évoquent le centre d'internement pour étrangers de Murcie, où les migrants seraient regroupés avec d'autres compatriotes en vue d'un vol de rapatriement annoncé pour environ trois cents personnes. Ceutaldia, de son côté, situe le point de chute au CIE d'Alicante, avant un embarquement par ferry vers Alger. Aucune des deux versions n'a été démentie à cette heure. Plus de quatre cents personnes originaires d'Algérie restent à Ceuta, selon le décompte relayé par Francisco José Clemente Martin, observateur connu pour son suivi quotidien des traversées de la mer d'Alboran ; elles seront renvoyées progressivement, au fil de l'instruction de leurs dossiers.


Le gouvernement espagnol présente ce transfert comme la première expulsion de migrants non marocains depuis le début de la crise. El Faro de Ceuta rapporte qu'un dispositif de la Police nationale, appuyé par l'Unité d'intervention policière, a encadré le passage des cinquante et un hommes depuis le CETI jusqu'au commissariat, puis jusqu'au tribunal. Torres a par ailleurs communiqué un chiffre : 1 917 dossiers d'adultes ouverts à ce jour, traités par une centaine de policiers dédiés au triage, des avocats commis d'office et deux juges supplémentaires. Le délai de recours de dix jours contre un refus de protection internationale reste, a-t-il reconnu, le principal frein administratif.


Ces expulsions surviennent après une série de visites ministérielles espagnoles à Alger, toutes centrées, à des degrés divers, sur le dossier migratoire. Le 26 mars, José Manuel Albares s'était rendu dans la capitale algérienne pour sa première visite en tant que chef de la diplomatie espagnole, à un moment où les arrivées de harragas aux Baléares avaient bondi de 33 % sur les deux premiers mois et demi de l'année. Une semaine plus tard, le 1er avril, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska avait rencontré son homologue algérien Saïd Sayoud, dans le cadre de l'accord bilatéral de coopération policière signé en 2013.


Le 20 juillet, Pedro Sánchez avait complété la séquence par un aller-retour d'une journée à Alger, sa première visite officielle depuis la brouille diplomatique ouverte en 2022 autour du Sahara occidental. Gaz et migration figuraient au même ordre du jour. Sánchez a lui-même qualifié cette rencontre de « tournant » dans les relations bilatérales, propos rapportés par l'agence EFE fin juillet.


Le ministère algérien de l'Intérieur a fait valoir, lors de la rencontre du 1er avril, que plus de 82 000 migrants avaient été rapatriés depuis l'Algérie vers leur pays d'origine sur la période 2024-2025, et que plus de 100 000 tentatives de traversée avaient été déjouées. Sayoud a insisté sur un point, repris par le communiqué du ministère de l'Intérieur algérien : l'Algérie n'utilise jamais la question migratoire comme moyen de pression, à la différence de certaines parties. La formule visait, sans le nommer, le Maroc, accusé à plusieurs reprises par Madrid d'avoir instrumentalisé les flux vers Ceuta et Melilla lors des tensions diplomatiques passées.



Khaled ROUABAH

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