Alger regrette la fin de la Minurso et fustige le projet de résolution

Le gouvernement algérien a exprimé son profond regret après le non-renouvellement du mandat de la mission onusienne au Sahara occidental. Il estime que le texte soumis au Conseil de sécurité, qui penchait selon lui en faveur du Maroc, rendait cette issue inévitable. Alger reproche en particulier à ce texte d'avoir érigé le plan d'autonomie marocain en base unique des négociations.
Dans un communiqué, le gouvernement algérien a fait part de son regret après que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas reconduit la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Vendredi, la Russie a opposé son veto à un projet de résolution américain, laissant la mission sans mandat renouvelé à la veille de l'expiration du précédent. Alger juge que le texte soumis au vote favorisait de manière excessive et flagrante le Maroc, au détriment du Front Polisario, au point qu'il ne pouvait plus servir de base sérieuse à un règlement juste et durable du conflit.
Avant le vote, le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l'étranger et des Affaires africaines avait adressé des lettres officielles aux membres du Conseil pour les alerter sur les conséquences de la démarche. Il les avait mis en garde contre l'adoption d'une résolution destinée à consacrer un fait accompli sur le territoire et à légitimer une situation née de l'occupation, aux dépens du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Le « R » du référendum supprimé
Selon le communiqué, la version finale du texte, malgré les amendements introduits, vide le droit à l'autodétermination de sa substance. Elle retient en effet le plan d'autonomie proposé par le Maroc, sous sa souveraineté présumée sur le Sahara occidental, comme seule base des négociations. Alger y voit une réduction considérable des options offertes aux deux parties, et une manière de préjuger de l'issue du processus politique alors que le règlement doit permettre au peuple sahraoui de se prononcer librement.
La suppression de la lettre « R », pour référendum, dans le sigle de la mission, que le projet américain aurait ramené à Minuso, est qualifiée de signal politique préoccupant. Le gouvernement algérien considère qu'elle écarte d'emblée une option historiquement liée au mandat de la mission.
Le projet prive par ailleurs le Front Polisario, que l'Algérie présente comme le représentant légitime et unique du peuple sahraoui, de la possibilité de soumettre ses propres vues sur une solution, contrairement à l'approche retenue dans la résolution 2797. Il préparait aussi, selon Alger, un glissement progressif du conflit, d'une question de décolonisation vers une problématique à dominante humanitaire, appelant des solutions durables. Or une solution durable en matière de décolonisation reste, rappelle le gouvernement algérien, indissociable de l'exercice par le peuple concerné de son droit inaliénable et imprescriptible à l'autodétermination.
Le gouvernement conclut que le texte a détourné la décolonisation de sa nature et légitimé l'accaparement de territoires par la force. Il ne pouvait donc, à ses yeux, servir de cadre à des négociations fécondes, ni contribuer à la sécurité et à la stabilité de la région. Alger réaffirme son attachement à une solution politique juste et durable. De son côté, le palais royal marocain s'est félicité du non-renouvellement et a affirmé que le personnel et le matériel de la mission devaient quitter le Sahara occidental dans les prochains jours.
Amine B.



Commentaires