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Algérie : un rapport accablant dénonce l’intensification de la répression en 2025

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À Paris, le 31 mai 2026, Riposte Internationale et le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA) ont présenté un rapport qui sonne comme un acte d’accusation. Sous le titre « Algérie entre répression et persécution », les deux organisations dressent un tableau sans concession de l’année 2025, marquée selon elles par une consolidation méthodique de l’appareil répressif et une érosion accélérée des libertés publiques.


Alors que les autorités algériennes affirment œuvrer pour la stabilité et la sécurité du pays, un nouveau rapport présenté à Paris vient ébranler ce discours officiel. Le 31 mai 2026, Riposte Internationale et le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA) ont dévoilé une analyse sans concession de l’année 2025, décrite comme l’une des plus répressives de la dernière décennie.


Derrière les proclamations institutionnelles, les deux organisations documentent une dérive autoritaire assumée, marquée par l’instrumentalisation de la justice, l’élargissement des outils juridiques répressifs et la criminalisation croissante de l’engagement citoyen. Leur rapport, « Algérie entre répression et persécution », dresse un constat sévère : les libertés fondamentales se rétrécissent, l’espace civique se ferme et la parole critique devient une cible prioritaire du pouvoir.


Un État de droit vidé de sa substance


Le rapport décrit une justice théoriquement indépendante mais pratiquement sous tutelle, où les mécanismes de nomination et de carrière des magistrats permettent au pouvoir exécutif de façonner un corps judiciaire docile.

Les garanties constitutionnelles apparaissent comme un vernis institutionnel, démenti par la réalité des pratiques.


Les révisions du Code pénal et du Code de procédure pénale sont présentées comme un tournant sécuritaire, élargissant les marges de manœuvre des autorités au détriment des droits fondamentaux.


Des notions floues comme « l’intérêt national » ou « la sûreté de l’État » deviennent des outils juridiques à géométrie variable, permettant de cibler des opinions, des publications ou des mobilisations pacifiques.


L’article 87 bis : la pièce maîtresse d’une stratégie de dissuasion


Au cœur du rapport, l’article 87 bis — la disposition antiterroriste — est décrit comme l’instrument le plus emblématique de la dérive répressive.

Initialement conçu pour lutter contre les violences armées, il est désormais utilisé pour assimiler des actes militants ou journalistiques à des menaces terroristes.


Cette extension du champ du terrorisme, dénoncent les organisations, permet de neutraliser des voix critiques tout en légitimant des poursuites lourdes, souvent accompagnées de détentions préventives prolongées.


Le message envoyé à la société civile est clair : toute contestation peut être criminalisée.


Libertés publiques : un rétrécissement assumé


L’année 2025 a vu une multiplication des poursuites visant :


• des journalistes indépendants,

• des avocats engagés,

• des syndicalistes,

• des artistes,

• des défenseurs des droits humains.


Les autorités ont renforcé la surveillance numérique, bloqué des initiatives culturelles, interdit des déplacements et imposé des sanctions administratives.


Les avocats défendant les détenus d’opinion sont particulièrement ciblés, signe d’une volonté de désarmer juridiquement les opposants.


Le secteur culturel, longtemps espace de respiration, est désormais sous contrôle, avec des fermetures, des interdictions et des pressions directes sur les créateurs.


Groupes vulnérables : une invisibilisation persistante


Le rapport rappelle que les familles de disparu(e)s des années 1990 continuent de se heurter à un mur institutionnel, sans vérité ni justice.

Les migrants, réfugiés et minorités religieuses restent exposés à des violations systématiques, dans un contexte où la liberté de conscience demeure strictement encadrée.


Les défenseurs des droits humains, quant à eux, évoluent dans un environnement où l’accès à l’information se réduit et où les espaces d’expression indépendante disparaissent les uns après les autres.


Documenter pour résister : un travail devenu vital


Lors de la présentation, Ali Aït Djoudi et Nassera Dutour ont insisté sur la nécessité de continuer à documenter les violations, malgré les obstacles croissants.


Dans un paysage où les espaces d’expression se ferment, la documentation devient un acte de résistance, un moyen de préserver la mémoire des victimes et d’alimenter les mécanismes internationaux de protection.


Les deux organisations affirment leur détermination à poursuivre ce travail tant que la vérité sera refusée et que les victimes réclameront justice.


Nadia B

 
 
 
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