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Avancement des examens du BEM : l’école algérienne otage de l’improvisation

  • 18 mars
  • 2 min de lecture

Le ministère algérien de l’Education a décidé de rapprocher les examens du Brevet de l'enseignement moyen (BEM) au 19 mai alors que l’épreuve était prévue, initialement, le début juin. La décision, brutale, a suscité des réactions d’indignation dans les milieux de l'Éducation tant elle provoque un rétrécissement de l’année scolaire et prolonge de fait les vacances d’été.


Dans son communiqué annonçant la tenue des examens du passage au cycle secondaire le 19 mai, le ministère de l’Education nationale n’a donné aucune explication. Mais dans les milieux avisés, on estime que le gouvernement a agi ainsi pour éviter de faire coïncider cette échéance charnière pour les collégiens avec l’Aid El-Adha, qui aura lieu approximativement vers le début du mois de juin, date initialement prévue pour la tenue du BEM.  Cela relève des prérogatives du département de Mohamed-Seghir Sadaoui. Mais la décision aura un impact désastreux sur la vie scolaire, dénoncent des pédagogues et des syndicalistes du secteur qui, au même titre que des parents d’élèves qui s’expriment sur les réseaux sociaux à défaut de débats dans les médias, relèvent un problème de calendrier et de rythmes scolaires : le troisième trimestre de l’année en cours ne sera en réalité que d’une durée d’un mois, au lieu de deux habituellement. « Déjà que la durée du 3ème trimestre est réduite, le ministère le comprime encore plus pour la réduire à une peau de banane ! Nous ne comprenons pas pourquoi le ministère de l'éducation a avancé les dates des examens officiels », dénonce Boualem Amoura, secrétaire général du syndicat algérien des travailleurs de l’Education et de la Formation (Satef).


Ces critiques viennent du fait que l’école algérienne ne respecte pas les calendriers pédagogiques exigés pour permettre aux enfants un meilleur apprentissage. « Les chronobiologistes recommandent une semaine de repos après chaque période de six (6) semaines d’apprentissages – y compris les évaluations. Au total pour toute l’année scolaire, ce sont 5 phases de repos pour six périodes et demi d’apprentissages. Ainsi, l’année scolaire va s’étaler sur 38 à 40 semaines d’apprentissages. En Algérie, l’année scolaire la plus longue a atteint 27 semaines, la plus basse varie entre 24 et 25 semaines », écrit dans ce sens le pédagogue Ahmed Tessa dans une contribution publiée en septembre dernier dans El Watan.


L’autre reproche qui est fait au ministère de l’Education nationale, c’est la durée anormalement longue des vacances d’été. Parce que si les candidats au BEM passeront leurs examens le 19 mai, cela signifie que les autres collégiens subiront les compositions du dernier trimestre de l’année scolaire au début du mois de mai et sortiront donc en vacances de manière prématurée. La coupure pédagogique dans ce cas sera de 4 mois, donc seize semaines ! Or, « les données scientifiques des chronobiologistes estiment qu’au-delà de deux semaines de rupture totale avec les apprentissages scolaires, commence à pointer, chez l’élève, le spectre de l’oubli des connaissances », fait remarquer Ahmed Tessa.



Essaïd Wakli

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