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Boycott des Législatives : Vent de colère contre Youcef Aouchiche

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

En accusant les partisans du boycott des élections législatives d’allégeance « à des forces étrangères », le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche a suscité la colère de nombreux observateurs, cadres et militants de son parti qui l’ont accusé de dévier de la ligne originale du plus vieux parti de l’opposition.


Dans un post sur sa page facebook, l’un des cadres historiques du FFS, Mohamed Lahlou, accuse l’actuel chef du parti d’avoir « squatté » le sigle du FFS et a « accepté et soutenu des manipulations destinées à empêcher l'émergence d'une pluralité politique au Parlement ». « Les traditions du FFS, gardien de la démocratie, ont été ainsi trahies par l'équipe d'Aouchiche qui a accepté et soutenu des textes dont les objectifs étaient de restreindre l'expression des voix de la démocratie », fulmine cet ancien compagnon du leader historique Hocine Aït-Ahmed. En accusant les partisans du boycott de « traîtres », Youcef Aouchiche « s'est déclaré contre le droit des citoyens à s'abstenir et à boycotter une consultation électorale ; il a ainsi marqué sa rupture avec les fondements de la liberté de conscience des citoyens qui a été la raison de la création et du combat du FFS », accuse encore Mohamed Lahlou qui a rappelé que le boycott des élections a toujours été un des marqueurs du parti.


Un avis que partage l’avocat Kaci Rahem qui rappelle que « sous la conduite de Hocine Aït Ahmed, le FFS a toujours considéré le boycott comme un choix politique légitime lorsque les conditions d'un scrutin libre, transparent et crédible n'étaient pas réunies ». Et les exemples ne manquent pas : Le FFS a boycotté les élections locales de 1990, les présidentielles de 1995. En 1999, Hocine Aït Ahmed s’est retiré à la veille des élections présidentielles (en compagnie de 05 autres candidats), puis le parti a refusé de participer aux Législatives de 2002 puis celles de 2007. Il a également boycotté l'élection présidentielle de 2009 ainsi que celle de 2014. Plus récemment encore, le parti a officiellement appelé au boycott de l'élection présidentielle de 2019 avant de décider de ne pas participer aux élections législatives de 2021. « Le problème n'est donc pas la participation électorale. Celle-ci est un choix parfaitement respectable. Il réside dans la volonté de délégitimer ceux qui font un choix différent », conclut le juriste qui défend notamment les détenus d’opinions.


« En reprenant aujourd'hui des accusations que le pouvoir a longtemps utilisées contre lui, la direction actuelle du FFS semble tourner le dos non seulement à une stratégie passée, mais aussi à une mémoire politique et à une culture d'opposition qui ont façonné l'identité du parti », note pour sa part le journaliste Mohamed Mouloudj sur sa page facebook.


Cette déclaration, ajoutée à d’autres maladresses commises par la direction du FFS, a poussé de nombreux cadres et militants à annoncer leur démission des structures du parti. D’autres préfèrent taire leur colère en attendant la fin de la campagne électorale pour les Législatives du 02 juillet prochain.


Essaïd Wakli

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