Condamnations en série : le cas Zeghileche relance les alertes sur la répression des voix dissidentes
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L’activiste et militant politique Abdelkrim Zeghileche a été condamné mardi matin par le tribunal de Constantine à un an de prison, dont six mois avec sursis, sans mandat de dépôt, a‑t‑il annoncé sur sa page Facebook. Cette nouvelle condamnation fait suite à un post publié en décembre 2025, dans lequel il appelait à la création d’un cadre politique et juridique destiné à défendre les droits des détenus politiques.
À 51 ans, Zeghileche n’en est pas à sa première affaire judiciaire. Il cumule seize condamnations, avec ou sans sursis, ainsi que plus de cinq millions de dinars d’amendes. Quatre autres procès doivent encore se tenir dans les prochains jours. L’activiste a déjà été incarcéré à plusieurs reprises.
La quasi-totalité des poursuites engagées contre lui concernent des publications sur les réseaux sociaux. Il est régulièrement condamné pour « diffusion de discours de haine et de violence », y compris lorsque ses messages relèvent strictement du débat politique. Lors d’un précédent procès, il avait ainsi écopé d’un an de prison ferme pour avoir simplement écrit qu’il fallait « laisser les militants politiques activer librement ».
Face à cette succession de procédures, Zeghileche avait rencontré la nouvelle présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Maya Sahli‑Fadel. Celle‑ci lui avait assuré qu’un avocat serait dépêché pour le défendre et que son dossier serait transmis aux plus hautes autorités. Fin avril, il affirmait pourtant publiquement qu’aucun représentant du CNDH ne s’était présenté pour l’assister lors d’une audience.
À l’international, plusieurs organisations non gouvernementales — dont Amnesty International et la Fédération internationale pour les droits de l’Homme — ont appelé les autorités algériennes à mettre fin au harcèlement judiciaire visant Abdelkrim Zeghileche. Elles rappellent qu’en plus de faire face à une multitude de poursuites, l’activiste a perdu la quasi-totalité de ses biens et vit sans emploi depuis huit ans.
Essaïd Wakli



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