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De Bagdad à Casablanca: le échos d’une solidarité avec Gaza

Avant l’escalade des tensions à Gaza, les populations des pays arabes faisaient déjà face à une répression sévère, limitant leur liberté d’expression.


Les manifestations, bien que sporadiques, étaient souvent étouffées, empêchant les citoyens d’exprimer ouvertement leur mécontentement et leur solidarité envers la cause palestinienne.


Cependant, un vent de changement a soufflé mercredi dernier. Un élan populaire s’est levé dans quatre pays arabes : l’Irak, l’Égypte, la Jordanie et le Maroc.


Après la prière des Tarawihs, des foules se sont rassemblées dans plusieurs villes, brisant le silence imposé par une répression constante.


Elles ont crié leur frustration face au blocus et à la famine qui sévissent à Gaza, ainsi que contre l’inaction et le silence de leurs gouvernements respectifs.


Ce mouvement spontané, né dans la ferveur des prières nocturnes, marque peut-être le début d’une nouvelle ère de solidarité panarabe. Il reflète une volonté collective de ne plus rester silencieux face aux injustices subies par les Palestiniens et démontre une aspiration à une plus grande liberté d’expression et à un engagement civique plus actif dans la région.


Ces manifestations pourraient bien être le signe précurseur d’un réveil social et politique, longtemps attendu, qui transcende les frontières et les régimes autoritaires.


Notre récit débute à Bagdad, où les citoyens irakiens, animés par une ferveur collective, se sont rassemblés devant l’ambassade d’Égypte. Leurs voix s’élèvent dans la nuit, portant des slogans poétiques et puissants, chantés avec passion et détermination.


Ils expriment leur désapprobation envers le président égyptien Abdelfattah Sissi avec des mots forts : « Au nom de Dieu, Sissi, ennemi de Dieu », et appellent à l’ouverture du passage de Rafah avec des phrases telles que « La patience n’a que trop duré, ouvrez le passage de Rafah » et « O, valeureux peuple égyptien, ouvrez Rafah », soulignant le droit au voisinage.


Le récit nous transporte ensuite en Jordanie, où dans des villes comme Amman, les manifestants se sont réunis près de l’ambassade d’Israël.


Les slogans résonnent avec indignation : « O, la honte, ils ont vendu Gaza pour des dollars ! » et « A bas, tous les commerçants de la cause palestinienne ». Les échos de leur colère semblent voyager, de Amman vers Gaza, portant des récits d’un avenir meilleur.


Alors que la nuit avance, les forces de l’ordre, en grand nombre, peinent à disperser la foule déterminée.


Le voyage se poursuit au Maroc, à Tanger et Casablanca, où une marée humaine, menée par des femmes courageuses, s’est levée pour réclamer la fin des relations avec Israël et encourager la jeunesse à s’engager : « O, jeunesse, adhérez, adhérez, les martyrs ont sacrifié leur sang » et « Hommes libres de tous les pays, manifestez-vous contre les Américains ». Ces voix, portées par l’espoir et la solidarité, appellent à un avenir où la liberté et la justice prévaudront.


Notre voyage à travers le monde arabe s’achève au Caire, où une foule dense s’est rassemblée devant le syndicat des journalistes.


Malgré un climat de peur palpable et la présence de plus de 100 000 prisonniers d’opinion languissant dans les prisons, les voix s’élèvent avec force : « O, Égyptiens, regardez, la trahison en direct ! » et « Gouvernements arabes poltrons, Gaza a faim ». Ces cris de cœur résonnent comme un appel à la conscience et à l’action.


Pendant ce temps, à Alger, les écrans de télévision diffusent sans relâche les discours du représentant de l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU et du ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Attaf, qui proclame une victoire symbolique sur l’ennemi sioniste.


Ces déclarations, diffusées en boucle, contrastent fortement avec les scènes de protestation et reflètent la complexité des récits qui se tissent à travers le monde arabe, entre aspirations à la liberté et réalités politiques.


Yacine M

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