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Durcissement du code de la route et hausse des carburants : la colère des transporteurs algériens

  • cfda47
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 minutes



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L’année 2026 commence avec un premier coup de colère d’une partie des Algériens : des transporteurs de marchandises et de carburants ont décidé de se mettre en grève dès le premier jour de l’an. Ils entendent ainsi protester d’abord contre des dispositions du nouveau code de la route qui porte des dispositions qu’ils estiment très contraignantes.


Il faut dire que le nouveau code de la route prévoit des peines particulièrement sévères contre les conducteurs qui commettent des infractions ayant entraîné la mort de plusieurs personnes.


« Est puni d’une réclusion temporaire de dix (10) à vingt (20) ans et d’une amende de 1 000 000 DA à 2 000 000 DA, tout conducteur d’un véhicule appartenant aux catégories poids lourd, transport collectif de personnes, transport scolaire, taxi, transport de marchandises ou transport de matières dangereuses, ayant causé la mort de deux personnes ou plus à la suite d’un accident de la circulation », indique par exemple l’article 49 du nouveau code de la route, adopté au parlement le 25 décembre dernier. Pour non-respect du temps de repos, un conducteur d’un véhicule poids-lourds qui provoque une blessure involontaire risque également une peine de Sept (7) à dix (10) ans d’emprisonnement et une amende de 700.000 DA à 1.000.000 DA.


Même pour des infractions qui ne provoquent pas de morts ou de blessés, les peines sont lourdes pour les conducteurs des véhicules poids-lourds. Ainsi, en cas de dépassement de la charge transportée, le conducteur peut être puni d’une amende de 100.000 DA à 300.000 DA et suspension du permis de conduire de un à trois mois.


Pour les transporteurs des véhicules poids-lourds, ces peines, qui s’ajoutent à d’autres, sont une « punition » collective. Ils dénoncent non seulement « une loi répressive » mais l’absence de dialogue et de concertation, le gouvernement n’ayant consulté aucun professionnel du secteur avant de la promulgation de la loi. Cela d’autant plus que les chauffeurs routiers et ceux des bus qui travaillent sur de longues distances sont souvent stigmatisés et désignés du doigt d’être derrière des accidents particulièrement mortels. Les propriétaires de ces engins sont souvent accusés de ne pas mettre à la disposition de leurs employés les moyens nécessaires à l’exercice de leur métier et de se contenter de gagner de l’argent.


A titre d’exemple, un seul chauffeur fait des trajets de centaines de kilomètres alors que la loi exige un remplaçant et le respect des temps de repos, ce qui n’est pas le cas dans la majorité des entreprises.


A ce code de la route, s’ajoute l’augmentation surprise des tarifs des produits pétroliers qui risque de mettre en colère les transporteurs qui commencent déjà à réclamer l’augmentation de leurs tarifs, bloqués par les autorités depuis de longues années. Pour l’instant, le syndicat des transporteurs par taxis, relevant de l’UGTA, tente de calmer le jeu en appelant à une assemblée générale pour le 5 janvier prochain. Mais la colère monte, inexorablement.


Essaïd Wakli

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