Espagne : des centaines de harragas algériens en mer, 14 bateaux portés disparus
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Des centaines d'Algériens se trouvaient dimanche en mer en direction des côtes espagnoles. Quatorze alertes actives ont été enregistrées simultanément par les ONG d'Almería, émanant de familles sans nouvelles de leurs proches.
Le militant espagnol Francisco José Clemente a publié dimanche un message signalant des centaines d'Algériens en mer en direction des côtes espagnoles. Quatorze alertes actives ont été enregistrées simultanément, émanant de familles sans nouvelles de leurs proches. Le Salvamento Marítimo et la Garde civile n'avaient pas communiqué de bilan au moment de la publication de cet article.
Ce n'est pas la première fois que Clemente est à l'origine de ce type d'alerte. Il évoquait déjà, pour une période de 72 heures, l'arrivée de plus de 1 200 personnes dont 90 % d'Algériens à bord d'environ 100 embarcations sur les côtes d'Almería, de Murcie, d'Alicante et des îles Baléares.
Les embarcations utilisées sur cette route sont des semi-rigides à moteur puissant. Ces bateaux, munis d'un moteur de 300 chevaux pouvant atteindre 40 nœuds, soit 74 kilomètres par heure, parcourent les 200 kilomètres séparant Oran d'Almería en trois à quatre heures. Les réseaux de passeurs ont adapté leur logistique en conséquence : ils organisent des départs simultanés pour dépasser les capacités d'interception des autorités. Les quatorze alertes signalées simultanément correspondent à ce mode opératoire.
Le coût de la traversée varie selon les filières. Les autorités espagnoles ont révélé, lors du démantèlement d'un réseau en octobre 2024, que les passagers déboursaient jusqu'à 10 000 euros par personne, effectuant la traversée sans eau ni nourriture.
Le profil des passagers s'est diversifié au fil des années. Les embarcations transportent des familles entières, des mères célibataires voyageant seules ou avec leurs enfants, ainsi que des ressortissants d'autres nationalités, dont des syriens, des yéménites et des africains subsahariens, ayant transité par l'Algérie.
En cas de non-retour, les familles se tournent vers le CIPIMD, qui s'est en partie substitué aux structures officielles censées rétablir les liens familiaux, structures que la plupart des familles algériennes de disparus ignorent.
Le bilan humain de cette route reste lourd. Trois jeunes migrants, dont deux Algériens de 22 ans et un Marocain de 17 ans, sont portés disparus depuis début février après avoir tenté de rallier Ceuta à la nage. La traversée a coûté la vie à 40 personnes sur ce seul tronçon l'an dernier. À l'échelle de l'ensemble des routes migratoires vers l'Espagne, l'ONG Caminando Fronteras a recensé 3 090 morts en 2025.
Amine B.
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Lien vers la page du militant espagnol Francisco José Clemente:



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