Algérie–Belgique : Me Salah Dabouz dénonce une instrumentalisation politique du dossier des expulsions
- 13 avr.
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Dans une interview accordée à Radio des Sans Voix, l’avocat et défenseur des droits humains Maître Salah Dabouz analyse le nouvel accord conclu entre Alger et Bruxelles. Ce texte associe l’exemption de visas diplomatiques pour les officiels algériens à une coopération renforcée sur les expulsions de ressortissants en séjour irrégulier en Belgique. Présenté comme un compromis par les autorités belges, il soulève selon lui des enjeux juridiques et politiques majeurs. Pour lui, la priorité devrait être la protection des personnes vulnérables et la garantie d’un traitement conforme aux standards internationaux.
Me Dabouz souligne que lier des avantages diplomatiques à des retours forcés revient à utiliser la diplomatie comme un instrument de négociation dans un domaine touchant directement aux droits fondamentaux. Il rappelle que les personnes visées par les expulsions disposent de garanties essentielles, comme le droit au recours et la protection contre les renvois arbitraires. Or, l’accord met surtout l’accent sur les aspects opérationnels — délais d’identification, validité des laissez‑passer, retours groupés — sans préciser comment seront assurées les garanties judiciaires prévues par le droit belge et international. Pour l’avocat, cette absence de clarté peut ouvrir la voie à un affaiblissement indirect des protections, notamment en cas de procédures accélérées.
L’entretien revient également sur la différence de posture d’Alger vis‑à‑vis de Bruxelles et de Paris. Alors que l’Algérie bloque depuis plusieurs années les expulsions depuis la France, elle accepte ici de coopérer avec la Belgique. Me Dabouz estime que cette asymétrie révèle une gestion du dossier migratoire fortement influencée par les intérêts politiques du moment. Le rapprochement récent avec Bruxelles, les contreparties diplomatiques et économiques, ainsi qu’un contexte moins conflictuel qu’avec Paris, expliqueraient cette ouverture.
Au cours de l’interview, il affirme que « le dossier des expulsions sert les intérêts d’un groupe influent au sein du régime ». Selon lui, cette instrumentalisation montre que la coopération migratoire n’est pas guidée par une stratégie globale, mais par des calculs internes au pouvoir. L’accord, présenté comme technique, apparaît ainsi porteur d’enjeux politiques majeurs, révélant les logiques de pouvoir qui structurent la relation entre Alger et Bruxelles et soulevant des interrogations sur le respect des garanties juridiques dans le cadre des expulsions.
L’avocat et defenseur des droits humains, appelle à une transparence totale sur les modalités d’application de l’accord et à un contrôle indépendant des procédures d’expulsion. Il exhorte les autorités à replacer les droits fondamentaux au centre de toute coopération internationale, rappelant que la dignité humaine ne peut être négociée.
Nadia B



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