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Algérie : Quinze ans ferme pour Hamid Temmar, ex-ministre des Participations

  • il y a 9 heures
  • 2 min de lecture

Le pôle pénal économique et financier de Sidi M'hamed a rendu, ce mardi, un verdict sévère dans l'affaire des moulins de Tiaret. L'ancien ministre des Participations et de la Promotion des investissements, Hamid Temmar, a été condamné à quinze ans de prison ferme. Le mandat d'arrêt international émis à son encontre reste en vigueur. Une amende de huit millions de dinars a été prononcée.


Temmar demeure introuvable. Fugitif depuis plusieurs années, il n'a pas comparu à l'audience. Le tribunal a néanmoins statué en son absence, le condamnant également à verser deux millions de dinars au Trésor public au titre de la partie civile.


L'affaire remonte à mars 2006. Par une délibération du Conseil des participations de l'État datée du 26 mars, trois moulins industriels de Tiaret avaient été cédés à l'homme d'affaires Youssef Metidji, gérant de la SARL Ikhlass, pour la somme de 61 millions de dinars. L'expertise judiciaire produite lors des débats a établi que la valeur réelle de ces actifs ne saurait être inférieure à dix milliards de dinars, hors siège administratif et parc de matériel. Un écart d'une ampleur saisissante entre le prix affiché et la valeur estimée.


La transaction avait été réalisée malgré l'existence de trois autres offres concurrentes, dont celle des salariés des moulins, titulaires d'un droit de préemption légalement reconnu. Ce droit n'a pas été respecté.


Metidji a été condamné à cinq ans de prison ferme et quatre millions de dinars d'amende. La SARL Ikhlass, personne morale poursuivie au même titre, a écopé d'une amende de 32 millions de dinars assortie de la confiscation des biens saisis. La société et son gérant sont solidairement tenus de verser un million de dinars supplémentaire au Trésor public.


L'ancien PDG de la Société de gestion des participations (SGP) et l'ex-directeur général des Moulins de Tiaret, dont les initiales ont été rendues publiques sous les formes «S.R» et «T.A», ont chacun été condamnés à trois ans de prison ferme et un million de dinars d'amende, avec une obligation solidaire de 500 000 dinars au Trésor.


Les chefs de poursuites retenus par le parquet témoignent de l'ampleur présumée du montage. Les prévenus étaient notamment mis en cause pour avoir bénéficié de l'autorité et de l'influence d'agents et fonctionnaires publics afin d'obtenir des avantages indus, pour avoir incité un fonctionnaire à abuser de sa position à des fins similaires, et pour blanchiment de capitaux et de produits issus d'infractions de corruption. Ce dernier chef visait spécifiquement l'acquisition de biens destinés à dissimuler une origine illicite, dans le cadre d'une organisation criminelle constituée et avec exploitation des facilités offertes par l'exercice d'une activité professionnelle.


L'affaire des moulins de Tiaret s'inscrit dans la série de dossiers instruits depuis 2019 par le pôle économique et financier de Sidi M'hamed, juridiction spécialisée créée pour traiter les crimes économiques commis dans le sillage de la décennie Bouteflika. Hamid Temmar, qui avait occupé le portefeuille des Participations entre 2004 et 2010, figure parmi les personnalités de haut rang dont le jugement n'a pu se tenir qu'en leur absence.


Amine B.


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