top of page

Espagne : la visite de Tebboune reportée sine die, Rabat soupçonné de peser sur Madrid

il y a 2 heures
2 min de lecture

La visite de travail que devrait effectuer Abdelmadjid Tebboune en Espagne le 20 octobre prochain, a été reportée « sine die » selon des médias espagnols, qui indiquent que la décision a été communiquée à la partie algérienne ce vendredi, sans donner plus de détails sur les raisons de ce report.


Selon les mêmes sources, une seule explication peut être donnée à cette décision surprenante des autorités espagnoles : le Maroc s’apprête à rappeler son ambassadeur à Madrid en signe de protestation contre le rapprochement avec l’Algérie et de la visite prévue, les prochains jours, du Roi Felipe VI d’Espagne à Ceuta et Mélila, deux provinces espagnoles situées sur les côtes marocaines, Rabat considérant ces territoires comme occupés. « Rabat pourrait retirer son ambassadeur à Madrid, Karima Benyaich, comme cela a été le cas en 2007 lorsque Juan Carlos Ier et la reine Sofia ont effectué leur premier voyage officiel dans les villes autonomes, si bien que Sánchez pourrait se retrouver avec les deux pays voisins dans une attitude hostile en même temps. Une situation sans précédent en politique étrangère espagnole, car elle s’est toujours bien entendue avec l’un des protagonistes du Maghreb lorsqu’elle était en crise avec l’autre rival régional », note le journal l’Objectif.


Pour l’Algérie, cette décision espagnole est d’autant plus surprenante que le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, rencontré il y a une semaine à New York son homologue algérien, Ahmed Attaf, afin de de continuer à approfondir la relation bilatérale, malgré les frictions avec le Maroc, et de se préparer au sommet qui devait se tenir le 20 octobre prochain. « Nous continuons à renforcer de bonnes relations avec un pays voisin et partenaire. La stabilité et la prospérité de la Méditerranée sont un engagement partagé », a déclaré le chef de la diplomatie dans un message sur le réseau social X après avoir rencontré Ahmed Attaf en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies.


Après une crise diplomatique qui a duré plus de 2 ans, le Président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez a visité Alger le 20 juillet dernier, où il a été notamment reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. Les deux pays ont convenu de tenir le sommet en octobre et de mettre fin aux différends des dernières années, la dernière réunion au sommet ayant eu lieu en avril 2018 à Alger, alors que Mariano Rajoy était encore au pouvoir. Ce jour-là, le Président du Gouvernement espagnol a conclu un accord politique avec l’Algérie visant à augmenter les importations de gaz vers l’Espagne, ce qui a illustré la pleine reprise du dialogue bilatéral après la crise concernant la position espagnole sur le Sahara occidental.


Cette décision espagnole risque de provoquer une nouvelle crise, ou du moins, une crispation supplémentaire, surtout que l’Algérie n’a pas apprécié le refus, au mois de septembre, d’extrader l’homme d’affaires Ayoub Aissiou, condamné en Algérie pour transfert illégal de devises et escroquerie. Pour l’instant, le ministère algérien des Affaires étrangères n’a pas réagi.


Essaïd Wakli

 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page