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Expulsions d'Algériens en situation irrégulière : Paris confirme la reprise après un an de gel

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©APS (Archives)
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Cent quarante reconduites depuis le 1er janvier. Le chiffre, lâché ce jeudi 7 mai au micro de CNews-Europe 1 par Laurent Nuñez, met fin à plusieurs mois de silence du ministère de l'Intérieur sur un dossier devenu illisible depuis l'été 2024.  


Le ministre a confirmé que les éloignements de ressortissants algériens en situation irrégulière, suspendus pendant près d'un an sur fond de brouille diplomatique entre Paris et Alger, avaient repris. La reprise avait été signalée fin mars par La Cimade, association de défense des étrangers, sans que la Place Beauvau ne sorte de son mutisme.  


Nuñez, lui, fait remonter le déblocage à sondéplacement à Alger à la mi-février. “Quand je suis allé en Algérie à la mi-février, nous n'avions aucun laissez-passer délivré depuis le début de l'année et on avait fait quelques reconduites”, a déclaré le ministre. “Depuis que je suis allé en Algérie, c'est reparti”. Cent vingt laissez-passer consulaires délivrés depuis cette date, selon le décompte du ministre.  


L'expression vaut aveu. Pendant des mois, le ministère de l'Intérieur s'est heurté au refus algérien de délivrer ces documents indispensables à toute reconduite forcée, refus qu'Alger n'a jamais formalisé publiquement mais qui s'est traduit par un blocage administratif total. La pratique des “vols groupés”, plusieurs ressortissants embarqués sur un même appareil, reste désormais l'objectif affiché par le locataire de Beauvau, qui a indiqué qu'il fallait “aboutir maintenant assez vite” sur ce point.  


Les centres de rétention administrative donnent une idée de l'enjeu. Sur les deux mille places que compte le dispositif français, un peu plus de sept cents sont occupées par des Algériens, soit entre trente et quarante pour cent du total selon le ministre. Une surreprésentation que les chiffres officiels n'expliquent pas.  


Le gel des expulsions s'inscrivait, rappelons-le, dans la dégradation continue des relations bilatérales depuis l'été 2024, quand Paris a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. L'Algérie, soutien historique du Front Polisario dans un conflit qui oppose le mouvement indépendantiste à Rabat depuis cinq décennies, avait rappelé son ambassadeur. Le territoire reste, selon l'ONU, sans statut défini.  


À cette ligne de fracture s'est greffée une succession d'épisodes d'escalade. Expulsions croisées de diplomates, prises de parole virulentes côté français, silence calculé côté algérien.  


L'arrivée de Nuñez à l'Intérieur, en remplacement de Bruno Retailleau, a marqué une inflexion. Là où son prédécesseur avait fait du bras de fer avec Alger une posture politique, le nouveau ministre prône l'apaisement. “Je m'en félicite, on va poursuivre dans ce dialogue existant avec l'Algérie”, a-t-il indiqué.  


Le déblocage des laissez-passer, présenté comme un succès personnel, ne dit rien des contreparties éventuelles. Côté algérien, aucun communiqué officiel n'est venu confirmer ou commenter le redémarrage du mécanisme.  


Sophie K.


 
 
 
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