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Le RCD accuse le pouvoir d’élaborer « ses propres listes » aux Législatives

  • 29 mai
  • 2 min de lecture

Après des semaines d’incertitude, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a rendu son verdict : la liste du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) à Alger pour les élections législatives du 02 juillet prochain a été rejetée, à cause notamment d’un nombre insuffisant de parrainages légalisés. Pourtant, l’ANIE aurait promis de tenir compte uniquement du nombre de signatures de citoyens, y compris les documents qui n’ont pas été légalisés par les services d’Etat-civil. Ce qui n’est pas fait.


Le refus des listes du RCD ne se limite pas à la capitale. Pour le parti de Atmane Mazouz, il s’agit d’un « verrouillage politico-administratif assumé, destiné à réduire l’un des rares partis d’opposition encore debout et à affaiblir davantage le courant démocratique et républicain ».


Plus que cela, le parti démocrate accuse le pouvoir de vouloir choisir lui-même les candidats à la députation. « … Tout indique que le pouvoir ne se contente plus d’encadrer ou de contrôler le champ politique : il veut désormais élaborer ses propres listes pour les partis politiques. À travers les filtres administratifs, les rejets sélectifs, les validations opaques et les exclusions arbitraires, il cherche à imposer les profils autorisés, à éliminer les voix indépendantes et à façonner un personnel politique conforme aux exigences de l’allégeance », dénonce le RCD dans un communiqué rendu public le jeudi 28 mai.


Le RCD n’est pas le seul parti à être touché par le rejet des listes électorales. Ce coup de rabot concerne également d’autres formations politiques de l’opposition, à l’instar de Jil Jadid. Même le FLN et le RND, qui ont réussi à couvrir l’ensemble des circonscriptions électorales du pays, ont vu la candidature de certains de leurs postulants refusés.


« Ces rejets massifs, opaques et insuffisamment motivés sont d’une gravité extrême. Ils annoncent une évolution particulièrement préoccupante pour le pluralisme politique, la crédibilité du processus électoral et le respect des règles de droit dans notre pays », ajoute encore le RCD qui ne sera donc présent que dans 7 wilayas et dans deux listes dans la diaspora.


Selon des informations concordantes, les rejets des candidats à l’élection législative sont souvent motivés par le contenu de l’article 200 de la loi portant régime électoral. Dans l’alinéa 7 de cet article, il est mentionné que pour être candidat à l’élection législative, il est impératif de ne pas être « connu de manière notoire pour avoir eu des liens avec l’argent douteux et les milieux de l’affairisme et pour son influence directe ou indirecte sur le libre choix des électeurs ainsi que sur le bon déroulement des opérations électorales ». Or, pour de nombreux juristes et hommes politiques, ce paragraphe est ambigu et permet une lecture très large aux autorités. A titre d’exemple, il suffit d’un signalement -vrai ou faux- des services de sécurité pour qu’une candidature soit rejetée ! C’est comme cela que des députés actuels ou des élus locaux, qui n’avaient pas trouvé des difficultés à figurer sur des listes électorales lors des élections de 2021, ont vu leurs noms rejetés par l’ANIE.


Légalement, ces candidats recalés ont droit de faire recours auprès d’un tribunal administratif dans un délai de 3 jours.


Essaïd Wakli

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