Législatives de juin : les partis d’opposition dénoncent un climat politique verrouillé
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A deux mois de l’élection législative de juin prochain, les partis politiques de l’opposition sonnent l’alarme. Ils dénoncent la fermeture des espaces politiques, médiatiques et l’absence de conditions d’une pratique démocratique normale.
Dans un discours prononcé samedi 28 mars à Alger devant les militants de son parti, le Premier secrétaire national du FFS Youcef Aouchiche, a dénoncé en des termes forts les conditions d’exercice de l’activité politique dans le pays. Il relève le « repli autoritaire » qui caractérise actuellement « la gestion des affaires de l’État » et qui « fragilise le lien national et affaiblit la capacité du pays à faire face aux défis stratégiques auxquels il est confronté ». A la place, il propose une « approche politique inclusive » qui « doit reposer sur la garantie et le respect des droits et des libertés fondamentales, l’ouverture du champ politique et médiatique, la séparation et l’équilibre réel entre les pouvoirs, ainsi que l’indépendance de la justice ».
La veille, le président de Jil Jadid, Lakhdar Amokrane, pointait quasiment les mêmes failles dans la gestion politique du pays. Le parti politique notait en effet un « rétrécissement manifeste de l’espace public, dans un contexte de recul du débat politique libre et de restriction des espaces d’expression ». Il dénonce également « une situation de blackout médiatique qui vide la vie politique de sa substance, affaiblit la confiance des citoyens dans les institutions et entrave l’émergence d’une opinion publique libre et éclairée ». Des reproches repris également par la direction du RCD par la voix de Rachid Hassani, chargé de Communication, qui a dénoncé sur Berbère télévision, la « fermeture des champs politiques et médiatiques ».
En plus de ces atteintes aux libertés, les formations politiques mettent en cause le vote par l’Assemblée populaire nationale de certaines lois, comme celle sur les partis et le code électoral, en plus de la « révision technique » de la Constitution. A titre d’exemple, précise le FFS, « maintenir l’obligation de collecte de signatures pour présenter des listes électorales, dans un contexte de démobilisation et de désengagement généralisés, revient à décourager davantage les Algériennes et les Algériens de la politique et de l’acte de vote ».
Malgré « la nature du système politique- hostile au changement », toutes les formations politiques de l’opposition ont déclaré leur intention de participer aux scrutins à venir. Car, malgré ces entraves, le FFS dit porter « un programme de lutte et une véritable alternative pour la gouvernance du pays : une lutte pour l’État de droit, une lutte pour la justice sociale, une lutte pour une économie productive et souveraine, une lutte pour la dignité et l’égalité, une lutte pour le droit d’avoir des droits, une lutte pour une Algérie heureuse. »
La participation des partis politiques aux élections est devenue une quasi-obligation depuis l’adoption, la semaine dernière, du nouveau code électoral qui menace de dissoudre toute formation politique qui refuse de participer aux élections à trois reprises.
Essaïd Wakli