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Mahieddine Tahkout condamné à dix ans ferme pour blanchiment et dissimulation de richesses

  • il y a 5 jours
  • 2 min de lecture

Le pôle pénal économique et financier de Sidi M'hamed a rendu lundi son verdict dans le dossier de blanchiment et de dissimulation de richesses visant l’ancien patron du groupe automobile Cima Motors. La peine prononcée est la plus lourde requise depuis la mise en examen de l'homme d'affaires, en juin 2019.


Dix ans de prison ferme, une amende de huit millions de dinars, la saisie de l'ensemble des biens immobiliers, mobiliers et comptes bancaires. Le tribunal a ordonné la confiscation des avoirs gelés par les autorités suisses ainsi que tous les comptes ayant fait l'objet de commissions rogatoires internationales adressées à Berne, et condamné Tahkout à verser cent millions de dinars au titre du préjudice subi par le Trésor public.


Ancien petit commerçant, Tahkout avait fait fortune en constituant une flotte de bus et en obtenant des marchés publics dans le secteur du transport universitaire et urbain. De ce socle, il avait bâti l'un des plus importants réseaux de concessionnaires automobiles d'Algérie, Cima Motors, distribuant les marques Hyundai, Opel, Chevrolet, Suzuki, Fiat, Jeep et Alfa Romeo. Des observateurs le citaient, avec Ali Haddad, parmi les contributeurs au financement de la campagne du quatrième mandat de Bouteflika en 2014. Ce sont ces proximités qui allaient se retourner contre lui.


Tahkout est inculpé et placé en détention préventive le 10 juin 2019, avec trois membres de sa famille dirigeants du groupe. Son avocat Me Khaled Bourayou conteste alors la mesure, estimant qu'elle ne se justifie guère. L'homme d'affaires nie l'ensemble des accusations.


Le montant crédité sur un compte en Suisse lui appartenant s'élèverait à 1,17 milliard d'euros, une somme qui le placerait parmi les plus grands évadés fiscaux de l'histoire algérienne. Les chefs retenus combinent blanchiment de capitaux, falsification de documents sous seing privé et dissimulation de revenus d'origine criminelle. Le parquet avait requis seize ans ; la cour en a prononcé dix.


Dans un dossier connexe, la chambre pénale de la Cour d'Alger avait condamné Rachid, Ibrahim et Hamid Tahkout à huit ans de prison ferme chacun. En mars 2026, la Cour suprême avait ordonné le renvoi de ce volet familial devant une nouvelle composition judiciaire. Ce second jugement n'a pas encore été rendu.


Le recouvrement effectif des avoirs à l'étranger reste le point d'achoppement de ce type de procédure. Berne et Alger entretiennent des canaux d'entraide judiciaire dont l'efficacité demeure mesurée, malgré les standards portés par le GAFI. Les autorités algériennes peinent à transformer les saisies prononcées sur le territoire national en levées d'avoirs effectifs en Suisse.


Sophie B.


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