Peine de mort : le PT réaffirme une opposition de principe, vieille de trente-cinq ans
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Louisa Hanoune reprend l'argumentaire du Parti des travailleurs contre la peine de mort, au moment où le pouvoir prépare une révision du Code pénal pour en réintroduire l'exécution dans plusieurs cas.
Louisa Hanoune n'a pas changé de position. Dans une déclaration rendue publique, la porte-parole du Parti des travailleurs revient sur un dossier relancé par le pouvoir ces derniers mois. Le président Tebboune a réclamé le rétablissement de l'exécution de la peine capitale après les incendies meurtriers d'août dernier, avant d'évoquer un élargissement aux affaires d'enlèvement d'enfants et de trafic de stupéfiants en milieu scolaire.
Pour le PT, la ligne n'a jamais varié. « Notre opposition à la peine de mort est un positionnement de principe depuis la création du parti », affirme Louisa Hanoune, qui met en avant la dimension humaniste de ce choix plus que l'argument juridique. Vient ensuite l'argument statistique, importé du débat américain. Les États américains qui appliquent la peine capitale n'affichent pas de taux de criminalité inférieurs à ceux qui l'ont abolie, un raisonnement que les abolitionnistes algériens reprennent depuis les années 2000, de la LADDH à certaines voix du barreau.
Elle illustre ce risque par des cas, documentés dans plusieurs pays, de condamnés exécutés puis innocentés après coup. Le droit algérien connaît une version de ce risque sous une autre forme. Le pays continue de prononcer des condamnations à mort, dont celle des 49 accusés du lynchage de Larbaâ Nath Irathen en 2022, sans les exécuter, en vertu du moratoire de fait observé depuis les exécutions du 31 août 1993.
Le Code pénal maintient donc la peine de mort sans l'appliquer depuis trente ans. Le président Tebboune a annoncé vouloir y ajouter l'exécution pour certains crimes jugés d'une extrême gravité. Une révision du texte a été promise avant la mi-septembre pour les actes d'incendie volontaire. Le président de la Cour de Béjaïa a évoqué en octobre un élargissement possible aux crimes liés au kidnapping d'enfants et au trafic de drogue dans les écoles.
Khaled ROUABAH



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