Pour se soigner, les militaires algériens ont choisi un hôpital espagnol
- il y a 20 heures
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Le ministère algérien de la Défense nationale a signé une convention avec l’hôpital espagnol Sant Joan De Déu. Lors de la cérémonie de signature, qui s’est déroulée mardi 2 juin à Alger, les responsables des deux pays n’ont pas précisé les termes de ce contrat.
Situé à Barcelone, l’hôpital Sant Joan De Déu est une référence dans les disciplines de la gynécologie et de la pédiatrie et plus particulièrement dans le traitement des cancers pédiatriques. Ce qui suppose que les militaires algériens vont surtout envoyer leurs enfants et leurs femmes se soigner dans cette structure hospitalière gérée par l’Eglise catholique.
Cette convention confirme en effet le tropisme des hauts dignitaires algériens à aller se soigner à l’étranger. Après avoir expérimenté les hôpitaux français, qui sont devenus infréquentables depuis la brouille diplomatique entre les deux pays, les responsables algériens cherchent des alternatives. Pour les adultes, le choix s’est porté sur les hôpitaux de Bruxelles où sont admis de hauts responsables civils et militaires au frais de l’Etat. Certains de ces patients arrivent dans l’hôpital belge dans un état désespéré et reviennent au pays dans un cercueil. e
Ce nouveau pas vers l’externalisation de certains soins des enfants de militaires confirme en effet que les autorités algériennes exercent une fuite en avant. Des centaines de milliards de dinars ont été certes dépensés pour construire des hôpitaux, y compris pour le personnel de l’armée, mais la qualité des soins reste problématique. Au lieu de développer le secteur et de combler les insuffisances, le pouvoir algérien va au plus facile : aller se soigner à l’étranger. Preuve en est que tous les chefs d'État algériens, qui se sont succédé depuis ces quarante dernières années, sont allés se soigner à l’étranger, en France, en Suisse, en Espagne, en Belgique et plus récemment en Allemagne pour Abdelmadjid Tebboune. Partout, sauf en Algérie.
Le discours louant un système de santé algérien présenté comme « le meilleur du continent africain » est donc contredit par la réalité : ce système est fait pour les citoyens lambda. Pas pour les dirigeants et leurs familles.
Essaïd Wakli



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