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Retraites : l'OSRA menace de mobiliser ses membres face à une revalorisation contestée

  • il y a 21 heures
  • 2 min de lecture

Les 3,5 millions de pensionnés affiliés à la Caisse nationale de retraite n'ont toujours pas reçu la hausse promise pour 2025. Le syndicat convoque son conseil national et n'exclut plus l'action de terrain.  


Depuis 1983, l'article 43 de la loi n° 83-12 fixe une règle invariable : les pensions de retraite en Algérie sont revalorisées chaque mois de mai. Pendant quatre décennies, ce mécanisme a fonctionné sans heurts majeurs. C'est aujourd'hui qu'il accroche.  


L'Organisation syndicale des retraités d'Algérie (OSRA) vient de publier un communiqué dans lequel elle dénonce ce qu'elle décrit comme une tentative délibérée de priver l'ensemble des retraités de leur revalorisation au titre de 2025. L'augmentation annoncée par les autorités ne serait applicable qu'à compter de mai 2026, et à des taux «très inférieurs» aux hausses salariales accordées aux actifs.  


Ce n'est pas la première fois que l'OSRA monte au créneau sur ce sujet. En 2023 déjà, une catégorie de retraités avait été exclue de la revalorisation annuelle, sans que cette situation soit corrigée par la suite. L'organisation qualifie cet acte d' «illégal au regard des dispositions constitutionnelles». Cette année, elle affirme que le périmètre s'est élargi à l'ensemble des pensionnés.  


Le syndicat pointe une confusion qu'il juge intentionnelle entre deux mesures distinctes : la revalorisation légale annuelle des pensions prévue par la loi 83-12, et l'augmentation annoncée par le président de la République en décembre 2025. «Un flou entretenu sciemment», selon les termes du bureau national, sur la question de savoir si cette hausse couvre l'année 2025 ou l'année 2026.  


L'OSRA soulève également un argument de méthode. Augmenter le Salaire national minimum garanti (SNMG) sans procéder à une revalorisation équivalente des pensions creuserait mécaniquement l'écart entre actifs et retraités. Dans son communiqué, le syndicat illustre le raisonnement avec des chiffres précis : une hausse de 4 000 dinars du SNMG bénéficiera principalement aux salariés rémunérés à ce plancher, tandis que ceux percevant plusieurs fois ce montant obtiendront une augmentation pouvant dépasser 8 000 dinars. Les retraités, eux, resteraient en dehors du calcul.  


Ce décrochage s'inscrit dans une tendance que dénonce régulièrement l'organisation. Ses courriers adressés au président de la République et au ministre du Travail sont, selon elle, «restés sans écho».  


Face à cette impasse, l'OSRA annonce la convocation prochaine de son conseil national. L'instance devra se prononcer sur plusieurs options : réagir à l'inapplication de l'article 43, explorer «les autres voies et moyens pour exprimer son mécontentement», formule qui n'exclut pas l'action publique, et réitérer sa demande de récépissé d'enregistrement officiel, toujours en attente.  


L'organisation appelle par ailleurs les autres syndicats de retraités, les syndicats de travailleurs encore en activité, ainsi que les associations et comités représentatifs des pensionnés à «rejoindre ce combat». Une convergence syndicale que le bureau national, présidé par A. Badaoui, n'avait pas formulée avec cette netteté jusqu'ici.  


«Les retraités dans notre pays, contrairement à ceux des autres pays développés, sont ignorés et tenus à l'écart de toute décision qui engagerait leur sort», conclut le communiqué.  


Amine B.  

 
 
 

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