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Répression en Algérie : deux collectifs dénoncent une « violence d’État sans précédent »

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Deux organisations engagées dans la défense des droits humains — le Collectif des familles des détenus de Nat Iraten et le Collectif pour la solidarité et la défense des détenus politiques et d’opinion — ont publié une déclaration commune dénonçant une intensification « sans précédent » de la répression en Algérie. Elles alertent sur une situation qu’elles jugent « planifiée » et destinée à étouffer toute contestation politique ou sociale.


Au moment où la situation politique en Algérie continue de susciter inquiétudes et indignations, deux organisations engagées dans la défense des droits humains — le Collectif des familles des détenus de Nat Iraten et le Collectif pour la solidarité et la défense des détenus politiques et d’opinion — ont rendu publique une déclaration dénonçant l’intensification de la répression exercée par le régime. Leur texte, profondément alarmant, met en lumière une dérive autoritaire qu’ils jugent sans précédent depuis l’indépendance du pays.


Une répression inscrite dans l’histoire politique du pays


Dans leur texte, les deux collectifs replacent la crise actuelle dans une perspective historique. Selon eux, les tensions idéologiques qui ont traversé la guerre de libération et les premières années de l’indépendance ont façonné un système politique fondé sur la domination d’un courant panarabiste, soutenu par plusieurs pays du monde arabe. Cette orientation aurait, selon les signataires, marginalisé les composantes culturelles et linguistiques du pays et posé les bases d’un modèle autoritaire.


Ils estiment que la « négation des diversités » et l’imposition d’une idéologie arabo-islamique ont conduit à une crise profonde, aggravée par « la balourdise » des dirigeants successifs. Le régime militaire, accusé d’agir comme une « force d’occupation », serait aujourd’hui engagé dans une stratégie de coercition assumée, rompant avec les pratiques plus discrètes des décennies précédentes.


Une opposition jugée défaillante


Les collectifs pointent également la responsabilité d’une partie de la classe politique dite d’opposition, qu’ils accusent de complaisance. Selon eux, cette opposition, loin d’incarner une alternative crédible, contribuerait à maintenir l’illusion d’un pluralisme politique tout en renforçant la position du pouvoir au nom d’une « unité nationale » instrumentalisée.


Les détenus politiques au cœur de la dénonciation


La déclaration met en lumière la situation des détenus politiques et d’opinion, présentés comme les premières victimes de la répression. Certains seraient emprisonnés depuis plus de quatre ans, parfois condamnés à mort, sur la base d’accusations qualifiées d’infondées. Les signataires dénoncent l’usage de lois « liberticides », notamment l’article 87 bis du code pénal, pour criminaliser l’expression politique.


L’affaire de Larbaa n At Iraten est citée comme un exemple emblématique de cette logique punitive. Les collectifs y voient une volonté d’intimider les voix dissidentes, qu’il s’agisse de militants, de syndicalistes ou de personnalités engagées dans la défense des droits sociaux.


Un appel à la solidarité


Malgré la gravité de la situation décrite, les collectifs affirment que des « bourgeons de lumière » continuent d’émerger dans la société algérienne. Ils saluent le courage de celles et ceux qui, malgré les risques, défendent la liberté, la justice et la dignité.


Ils appellent enfin toutes les personnes attachées aux droits humains à soutenir les détenus et leurs familles. « Chaque aide est précieuse », écrivent-ils, soulignant que la solidarité constitue pour les prisonniers une source essentielle d’espoir et de résistance.


Yacine M

 
 
 
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