Saïd Sadi dénonce une « misérable machination » après une tribune anonyme publiée par El Watan
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Saïd Sadi accuse El Watan d'avoir relayé une tribune anonyme et révèle avoir repoussé des émissaires se réclamant des « plus hautes autorités du pays ». Il annonce saisir la justice.
L'ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie a réagi, dans un communiqué daté du 24 août à Aghribs, à une « contribution » parue le 13 août dans les colonnes d'El Watan. Il annonce que la justice devra se prononcer sur « la nature et la teneur des accusations portées par un intervenant anonyme que nulle recherche ne permet de situer ou d'identifier ».
Saïd Sadi rapporte que, selon des sources internes au quotidien, ce texte aurait été « imposé par des forces occultes ». Pour lui, l'objectif était limpide : « parasiter le débat auquel j'appelle et qui porte sur les problématiques ô combien urgentes, nombreuses et délicates qui préoccupent nos compatriotes ».
Le parallèle a été fait avec l'affaire Mouloud Mammeri, visé en avril 1980, au moment du Printemps berbère, par une tribune signée du journaliste Kamal Belkacem. Saïd Sadi conteste la comparaison et juge la situation actuelle plus grave encore, pour trois raisons qu'il détaille dans son communiqué. L'auteur qui s'en était pris à Mammeri écrivait sous son nom, quand celui d'aujourd'hui reste masqué. Les journaux qui avaient publié le texte de Kamal Belkacem « assumaient d'être des organes au service du parti et de la pensée uniques », alors qu'El Watan revendique une ligne éditoriale indépendante. Enfin, le texte de 1980, « sur le fond, relevait aussi de l'abjection », était « rédigé dans une langue maitrisée », ce que Saïd Sadi refuse d'accorder à « l'indigente charge dont El Watan s'est rendu complice ».
Il en tire un constat sur l'état de la presse algérienne : « cette misérable machination confirme, hélas, la domestication avancée et la régression inquiétante dans lesquelles macère désormais la pratique journalistique. »
Le communiqué évoque également des approches parallèles, antérieures et postérieures à la publication. Des interlocuteurs se présentant comme mandatés par « des plus hautes autorités du pays » se seraient révélés être des « émissaires de structures sécuritaires souhaitant étendre leur emprise à toutes les sphères de la vie politique ». Saïd Sadi affirme leur avoir opposé « une fin de non-recevoir ferme et définitive ».
Qu'elle vienne « d'une officine formelle » ou d'un « clan voulant déstabiliser un autre », cette séquence relève selon lui des « vieux réflexes des années de plomb » et rappelle, écrit-il, que les institutions algériennes doivent encore « retrouver un fonctionnement normé et transparent, préalable à toute vie démocratique ».
Le communiqué se clôt sur un appel adressé aux citoyens à ne pas se laisser « distraire ou intimider par des campagnes d'intoxication et des méthodes de gestion de la vie publique d'un autre âge », invoquant « l'Algérie de Novembre et de la Soummam ».
Amine B.



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