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Sécheresse : l'Algérie durcit sa politique de l'eau

  • il y a 4 heures
  • 2 min de lecture

L'accès à l'eau, reconnu comme un droit humain par les Nations unies, doit désormais s'appuyer sur un changement durable des comportements, plaident les autorités sanitaires et hydrauliques algériennes, quand les infrastructures seules ne suffisent plus à garantir la ressource.


L'Algérie peut-elle se permettre d'attendre la prochaine sécheresse pour agir ? Pour le ministère de l'Hydraulique et l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), la réponse tient en un communiqué conjoint diffusé dimanche et repris par l'agence APS. La rationalisation de l'eau doit devenir un comportement permanent, et non plus une réponse ponctuelle aux périodes de tension.


Le texte intervient six jours après un premier geste des pouvoirs publics. Le 17 août, le ministère annonçait 23 milliards de dinars pour l'achat de groupes électrogènes, de pompes hydrauliques et de camions-citernes dans les wilayas les plus tendues. Un montant qui, selon le communiqué, ne suffit pas à lui seul à garantir la disponibilité de la ressource face à des tensions qualifiées de multiples et croissantes.


L'Algérie reste un pays majoritairement aride et semi-aride. La baisse de la pluviométrie observée ces dernières années a mis à mal le niveau de remplissage des barrages, relèvent les deux institutions, qui replacent leur appel sous un principe plus large, celui de l'accès à une eau sûre et potable, reconnu comme un droit humain par les Nations unies depuis 2010. Une ressource « longtemps considérée comme abondamment disponible », indique le communiqué, mais que la hausse des températures et l'allongement des sécheresses rendent aujourd'hui incertaine.


Les conséquences sanitaires d'un accès restreint sont détaillées avec précision. Le texte évoque un risque accru de déshydratation aiguë et d'hyperthermie lors des vagues de chaleur, une possible dégradation de la qualité de l'eau et une exposition plus forte aux maladies à transmission hydrique quand la ressource se raréfie. Les ménages les plus dépendants de la distribution publique, sans capacité de stockage ni recours à des solutions d'appoint, figurent parmi les premiers exposés, selon la même source.


Pour graduer la réponse, le dispositif proposé distingue quatre niveaux. La vigilance correspond au suivi des tout premiers signes de stress hydrique et à un travail de sensibilisation. L'alerte se déclenche quand des tensions significatives apparaissent sur les ressources disponibles, avec une première réduction des usages non essentiels. L'alerte renforcée durcit la maîtrise de la consommation pour éviter d'atteindre un seuil critique. La crise, enfin, concentre les efforts sur l'eau potable, les usages sanitaires et la sécurité publique, quitte à limiter la plupart des autres usages.


Le ministère et l'ANSS précisent toutefois la portée de cette échelle. Elle constitue un cadre indicatif de sensibilisation et de vigilance, et non un dispositif réglementaire. Les mesures de restriction proprement dites relèvent des autorités compétentes, appliquées selon les textes et procédures en vigueur. Le communiqué appelle enfin à une mobilisation conjointe des pouvoirs publics, des opérateurs de l'eau et des usagers, seule à même, selon les deux institutions, de réduire les consommations non nécessaires et les pertes en eau.


Khaled ROUABAH

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