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Tomate à 200 DA : la phrase de Sayoud que Tebboune n'a pas laissé passer

il y a 1 minute
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Samedi soir, le président Abdelmadjid Tebboune a jugé faux de parler d'une flambée des prix des fruits et légumes sans équivalent depuis 60 ans, une formule qui renvoie aux propos tenus quatre jours plus tôt par le ministre de l'Intérieur, Saïd Sayoud. 


C'est à Médéa, mardi 29 septembre, en marge de l'installation du nouveau wali de Ksar El-Boukhari, que Saïd Sayoud, ministre de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, avait jugé injustifiés les niveaux atteints par plusieurs produits de saison. Le kilogramme de tomate avait, selon lui, grimpé à 200 DA, un prix qu'il disait n'avoir jamais vu au mois d'août. Il parlait de son expérience personnelle, en précisant avoir lui-même 60 ans. 


Samedi, face aux journalistes, le chef de l'État a pris le contre-pied de ce constat. Il a admis que les citoyens ont raison de se plaindre, mais a jugé erroné et exagéré de parler d'une situation jamais vue depuis 60 ans, rappelant que l'ail avait atteint 2 500 DA le kilogramme sous « l'Issaba ». Il a aussi attribué une part des hausses à des « parasites » qui exploitent les circonstances. Il a visé d'autres affirmations tenues sur le sujet, ce qui laisse penser que la cible n'est pas le seul ministre. 


Sur le diagnostic, les deux hommes ne sont pas si éloignés. Sayoud a mis hors de cause les agriculteurs et a pointé la multiplication des intermédiaires entre l'exploitation, le marché de gros et le détail. Il a rattaché la hausse de certains produits importés au renchérissement du fret maritime et des assurances sur des routes sous tension, la banane ayant atteint 2 000 DA le kilogramme. Tebboune a lui aussi épargné la plupart des agriculteurs, désigné la spéculation et l'exagération des marges, et reconnu que les incendies de juillet avaient affecté la disponibilité de certains produits sans justifier de tels prix. 


Le chef de l'État a rappelé que l'État subventionne 26 produits de première nécessité, dont cinq produits agricoles de saison censés échapper aux fortes hausses. Le ministre avait affirmé de son côté que l'État était présent avec la force nécessaire pour réduire les déséquilibres, en visant des marges raisonnables plutôt qu'une sanction des producteurs ou des commerçants. 


Les relevés de la Direction du commerce de Jijel au 29 septembre donnaient la tomate à 130 DA au détail et la pomme de terre à 120 DA, loin des 200 DA cités à Médéa. L'écart indique que la hausse varie fortement selon les marchés, ce qui complique le constat comme la riposte. Un recadrage public suffit-il à fragiliser le ministre ? Rien, à ce stade, ne permet de l'affirmer. 


Khales ROUABAH 

 
 
 

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