Un jeune algérien torturé à mort en Libye
- 6 mars
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La mort, en Libye, d’un jeune algérien consécutive à des tortures et la privation de nourriture, interroge sur le traitement des droits humains dans ce pays livré à l’anarchie.
Abdellatif Rezki était un jeune algérien qui cherchait des opportunités de travail même en dehors des frontières de son pays. Cet enfant de Ouled-Djellal est un ouvrier dans le bâtiment. Il est allé travailler dans des chantiers à Masrata, en Libye. Un jour, un accident de circulation a causé des fractures à son bras. Il s’est fait soigner dans une clinique libyenne qui lui a notamment placé une broche. Il est rentré en Algérie, s’est marié.
Puis, les blessures de Abdellatif Rezki se sont infectées. Sa famille et lui ont sillonné le pays pour soigner les blessures. Alger, Oran, Constantine, Tizi-Ouzou… Les meilleurs hôpitaux algériens sont ainsi consultés. Sans succès. Le patient a décidé, après cela, de retourner dans la clinique initiale où il s’était fait opérer, à Masrata, en Libye. Dans l’attente d’un rendez-vous, il s’installe dans un café. On ne sait pour quelle raison, des policiers libyens se sont rués sur lui. Arrêté, il a été mis en détention.
Des proches ont témoigné que Abdellatif Rezki a vécu un véritable supplice dans les geôles libyennes : il aurait été privé d’eau et de nourriture et a subi des tortures indescriptibles durant trois mois. Il en est mort le 26 février dernier. L’information a été confirmée par sa famille et même par des médias libyens. Des images de son cadavre, portant des traces de violences et de tortures, sont publiées sur les réseaux sociaux.
Dans un communiqué, son oncle paternel demande aux autorités algériennes d’intervenir « pour rendre justice » à Abdellatif et « protéger les Algériens qui se trouvent à l’étranger ». Il demande également une « enquête indépendante » pour déterminer les circonstances de la mort de son neveu.
Pour l’instant, ni les autorités algériennes, ni libyennes n’ont réagi. Pourtant, Abdellatif Rezki ne semble pas être le seul ressortissant algérien à être tué en Libye dans des circonstances troublantes. Un autre jeune algérien, soupçonné de colporter « de fausses informations » sur la Libye a subi le même sort en 2025, annoncent des activistes qui dénoncent le silence des autorités des deux pays sur des cas comme ceux-là.
Essaïd Wakli



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