Une avancée majeure : l’OMS confirme l’élimination du trachome en Algérie
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Dernière mise à jour : il y a 5 jours

L’Algérie obtient une reconnaissance internationale majeure : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement certifié l’élimination du trachome comme problème de santé publique. Cette annonce, saluée par plusieurs institutions internationales, marque une étape sanitaire décisive pour le pays et le positionne parmi les États ayant réussi à éradiquer l’une des principales causes infectieuses de cécité dans le monde.
Le trachome, maladie oculaire liée à des conditions d’hygiène précaires, touche encore des dizaines de millions de personnes dans plusieurs régions d’Afrique et d’Asie. L’OMS rappelle que plus de 115 millions de personnes vivent toujours dans des zones où la maladie reste endémique. Dans ce contexte, la sortie de l’Algérie de la liste des pays concernés constitue un signal fort : elle témoigne d’une politique de santé publique cohérente, soutenue sur plusieurs décennies, et d’une capacité à maintenir des indicateurs sanitaires élevés malgré les contraintes économiques et sociales.
La reconnaissance de l’OMS repose sur un processus d’évaluation rigoureux : surveillance épidémiologique, vérification de l’absence de transmission active, capacité du système de santé à prévenir une réémergence. Les experts internationaux ont confirmé que l’Algérie répond désormais à l’ensemble des critères, notamment grâce à la couverture sanitaire étendue, à l’accès généralisé à l’eau potable et à l’amélioration des infrastructures d’hygiène dans les zones rurales.
Cette réussite sanitaire s’inscrit dans une trajectoire plus large. Depuis les années 2000, l’Algérie a multiplié les campagnes de dépistage, formé des équipes spécialisées en ophtalmologie communautaire et renforcé les programmes de prévention dans les écoles. Les autorités sanitaires ont également misé sur la gratuité des soins oculaires essentiels, un élément déterminant dans la réduction des cas sévères. L’OMS souligne que cette politique de long terme a permis de « rompre la chaîne de transmission » et de stabiliser durablement les indicateurs.
Sur le plan international, cette reconnaissance améliore l’image sanitaire de l’Algérie. Dans un contexte où les débats sur la gouvernance et les libertés dominent souvent les analyses extérieures, l’annonce de l’OMS offre un contrechamp : celui d’un État capable de mener à bien des politiques publiques efficaces et mesurables. Plusieurs médias étrangers y voient un exemple de réussite dans la région, alors que d’autres pays du Maghreb et du Sahel restent confrontés à des défis sanitaires majeurs.
Cette avancée soulève toutefois des questions sur la capacité du système de santé à reproduire ce type de succès dans d’autres domaines. Les experts internationaux rappellent que l’Algérie fait face à des défis persistants : maladies chroniques en hausse, pression démographique, inégalités territoriales d’accès aux soins. L’élimination du trachome ne résout pas ces enjeux, mais elle démontre que des stratégies ciblées, financées et suivies peuvent produire des résultats durables.
Pour l’OMS, l’Algérie rejoint désormais un groupe restreint de pays ayant éliminé cette maladie, aux côtés du Maroc, du Ghana ou encore de l’Oman. Cette reconnaissance n’est pas seulement symbolique : elle ouvre la voie à une réallocation des ressources vers d’autres priorités sanitaires et renforce la crédibilité du pays dans les partenariats internationaux liés à la santé publique.
L’annonce intervient enfin dans un moment où l’Algérie cherche à valoriser ses réussites sur la scène internationale. La diplomatie sanitaire, souvent discrète, devient un levier de visibilité et de légitimité.
Nadia B



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