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Université de Béjaïa : l’affaire Samir Larabi révèle une crise profonde de gouvernance académique

  • cfda47
  • il y a 2 heures
  • 2 min de lecture

L’exclusion de l’universitaire Samir Larabi et le blocage de sa soutenance de thèse agitent depuis plusieurs mois la communauté académique algérienne. Ce qui aurait pu rester un simple différend administratif s’est transformé en affaire nationale, mettant en lumière les tensions internes qui traversent l’université algérienne et soulevant des questions sur l’indépendance de la recherche scientifique.


L’affaire Samir Larabi met en lumière une crise profonde de gouvernance universitaire en Algérie : blocages administratifs arbitraires, violations de procédures, atteintes aux libertés académiques et instrumentalisation politique des institutions. Elle est devenue un symbole national des dérives bureaucratiques et du manque de transparence dans l’enseignement supérieur.


Un doctorant validé… puis bloqué


Inscrit en doctorat à l’Université Abderrahmane Mira de Béjaïa, Samir Larabi travaillait depuis plusieurs années sur une thèse consacrée au mouvement berbériste, un sujet sensible dans le paysage politique et identitaire algérien.


Selon les documents qu’il a rendus publics, sa thèse avait été validée à plusieurs reprises par les instances scientifiques de sa faculté : avis favorable de la directrice de thèse, validation du comité scientifique du département et approbation du Conseil scientifique de la faculté.


Pourtant, au moment d’entamer la procédure de soutenance, le vice‑rectorat aurait opposé un refus, exigeant des modifications de fond en dehors des procédures réglementaires. Une décision jugée « arbitraire » par l’intéressé.


Une exclusion qui choque la communauté universitaire


En janvier 2026, l’affaire prend un tournant brutal : Samir Larabi reçoit une notification d’exclusion définitive de l’université. Le motif officiel évoque des « manquements administratifs », mais l’intéressé dénonce un « acharnement » lié à son sujet de recherche et à ses prises de position publiques.


Cette exclusion a suscité une vague de réactions : pétitions d’enseignants et de chercheurs, prises de position d’intellectuels, mobilisation sur les réseaux sociaux et interpellations adressées au ministère de l’Enseignement supérieur.


Pour beaucoup, l’affaire dépasse le cas individuel et révèle un malaise plus profond.


Libertés académiques en question


Plusieurs universitaires estiment que le blocage de la thèse de Larabi illustre une ingérence administrative dans le travail scientifique.


« Les organes académiques ont parlé, mais l’administration a décidé autrement », déplore un enseignant de Béjaïa sous couvert d’anonymat.


Le sujet de la thèse — le mouvement berbériste — pourrait avoir joué un rôle dans la crispation. Certains y voient une tentative de contrôle politique des thèmes de recherche jugés sensibles.


Une affaire symptomatique d’un système en crise


L’affaire Larabi met en lumière des dysfonctionnements déjà dénoncés dans plusieurs universités du pays : bureaucratie lourde, conflits entre rectorats et conseils scientifiques, manque de transparence dans les décisions et absence de recours efficaces pour les doctorants.


Pour de nombreux observateurs, elle révèle une crise de gouvernance qui fragilise la crédibilité de l’enseignement supérieur algérien.


Un dossier loin d’être clos


Samir Larabi affirme vouloir poursuivre toutes les voies de recours possibles, y compris judiciaires.

De son côté, l’université de Béjaïa n’a pas fourni de communication détaillée, se limitant à évoquer le respect des procédures internes.


L’affaire continue d’alimenter le débat public et pose une question centrale : l’université algérienne peut‑elle garantir l’indépendance de la recherche face aux pressions administratives et politiques ?



Nadia B

 
 
 
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