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Vote unanime en Algérie : la colonisation française déclarée crime imprescriptible

  • 24 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 déc. 2025

©APS
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Le Parlement algérien a voté mercredi à l'unanimité une loi criminalisant la colonisation française et réclamant des excuses à Paris. Un geste symbolique qui risque d'aggraver les tensions entre les deux pays.  


Écharpe tricolore autour du cou, les députés algériens se sont levés mercredi 24 décembre dans l'hémicycle de l'Assemblée populaire nationale pour applaudir l'adoption d'une loi historique. Le texte, voté à l'unanimité, criminalise la colonisation française (1830-1962) et réclame à Paris des excuses officielles. “Vive l'Algérie !”, ont-ils scandé sous les youyous, tandis que le président de l'Assemblée, Brahim Boughali, saluait ce vote unanime. Un geste à forte charge symbolique qui risque d'aggraver des relations déjà très tendues entre les deux pays.  


La loi impute à l'État français “la responsabilité juridique de son passé colonial en Algérie et des tragédies qu'il a provoquées”. Elle intervient dans un climat diplomatique particulièrement dégradé depuis que la France a reconnu, à l'été 2024, un plan d'autonomie “sous souveraineté marocaine” pour le Sahara occidental, déclenchant la colère d'Alger.  


Le texte dresse une liste de ce qu'il qualifie de “crimes de la colonisation française”, qu'il considère comme imprescriptibles : essais nucléaires, exécutions extrajudiciaires, torture physique et psychologique généralisée, pillage systématique des ressources.  


La loi affirme qu' “une indemnisation complète et équitable pour tous les préjudices matériels et moraux causés par la colonisation française constitue un droit inaliénable pour l'État et le peuple algériens”. Elle engage également l'État algérien à exiger de la France la décontamination des sites d'essais nucléaires. Entre 1960 et 1966, Paris a effectué 17 essais dans plusieurs zones du Sahara algérien.  


Le texte va plus loin en qualifiant de “haute trahison” la collaboration des harkis, ces Algériens qui ont servi dans l'armée française. Il prévoit des sanctions contre toute personne faisant l'apologie ou justifiant la colonisation.  


Lors des débats du week-end, Brahim Boughali avait précisé que cette initiative “ne visait aucun peuple, ne cherchait ni vengeance ni à raviver les rancœurs”.  


Un contexte diplomatique explosif  

Le vote intervient alors que Paris et Alger traversent une crise diplomatique sans précédant. Plusieurs épisodes ont aggravé la situation ces derniers mois, notamment l'arrestation et l'emprisonnement de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, finalement gracié après une intervention allemande.  


La question coloniale reste l'une des principales sources de friction entre les deux capitales. La conquête de l'Algérie, lancée en 1830, s'est accompagnée de massacres massifs, de la destruction des structures socio-économiques du pays et de déportations à grande échelle, selon les historiens. De nombreuses révoltes ont été écrasées avant une guerre d'indépendance sanglante (1954-1962) qui a fait, selon les sources, entre 500 000 et 1,5 million de morts algériens.  


Pour rappel, la criminalisation de la colonisation française a été évoquée à plusieurs reprises en Algérie depuis les années 1980, sans jamais aboutir jusqu'à présent.  


Amine B.  

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