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Abandon de parents : l'Algérie veut punir les enfants « défaillants »

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Quarante foyers d'accueil, trois mille places, 3,5 millions de personnes âgées. Face à ce déséquilibre criant, l'Assemblée populaire nationale examine une proposition de loi qui ferait de l'abandon des parents une infraction pénale. Une réponse législative qui esquive la question des moyens.  


Quarante foyers d'accueil pour l'ensemble du territoire, deux à trois mille places disponibles face à 3,5 millions de personnes âgées de 65 ans et plus. C'est dans ce contexte de sous-équipement chronique que l'Assemblée populaire nationale a validé le principe d'une proposition de loi criminalisant l'abandon des parents âgés par leurs enfants, une première dans l'histoire législative algérienne.  


Le texte, déposé par la députée Leïla El-Yazidi, vise à combler un vide juridique persistant. La législation en vigueur ne prévoit aucune disposition claire sanctionnant les enfants qui se déchargent de leur responsabilité envers leurs parents âgés, notamment en les plaçant dans des structures d'accueil sans suivi ni engagement établi.  


Le projet introduit un nouvel article 32 bis prévoyant une peine de six mois à trois ans de prison, assortie d'une amende comprise entre 50 000 et 300 000 dinars. Le texte précise toutefois que la prise en charge effective de la personne âgée mettrait fin aux poursuites.  


Cette initiative parlementaire intervient dans un contexte où les plus de 60 ans représentent aujourd'hui 7,5 % de la population algérienne, une proportion appelée à atteindre 14,7 % en 2030 puis plus de 22 % en 2050, avec l'arrivée à la retraite des générations du baby-boom.  


La proposition entend transformer ce qui relevait jusqu'ici de la sphère morale et religieuse en obligation légale contraignante. Les services d'action sociale seraient désormais tenus de suivre la situation des personnes âgées dans leur milieu familial et de signaler tout manquement aux autorités compétentes.  


Des voix critiques rappellent cependant que les mesures répressives ne suffiront pas si l'État ne s'attaque pas aux causes structurelles du phénomène, notamment la pauvreté des familles, la promiscuité du logement et l'absence quasi totale d'aide à domicile. Le texte doit encore achever son parcours législatif avant publication au Journal officiel.  


Sophie K.  

 
 
 
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