Accords stratégiques entre Alger et Belgrade dans un contexte de faible présence migratoire
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L’Algérie et la Serbie ont franchi une nouvelle étape dans leur rapprochement politique et économique à l’occasion de la visite officielle du Premier ministre serbe Duro Macut à Alger. Les deux pays ont signé une série d’accords couvrant les secteurs des finances, de l’agriculture, des postes et télécommunications, du tourisme et de la culture, confirmant leur volonté commune de relancer une coopération longtemps restée en sommeil. Un programme exécutif culturel pour la période 2026–2028 a également été paraphé, témoignant d’un intérêt partagé pour la consolidation des échanges humains et artistiques.
Cette dynamique intervient dans un contexte où Alger et Belgrade affichent une convergence notable sur plusieurs dossiers internationaux, notamment leur attachement à la souveraineté des États et au respect des résolutions onusiennes. Les responsables des deux pays ont rappelé la profondeur historique de leurs relations, héritée de la période de la Révolution algérienne, lorsque la Yougoslavie avait soutenu le mouvement indépendantiste. Aujourd’hui, cette mémoire commune sert de socle à un partenariat que les deux gouvernements souhaitent moderniser et élargir.
Sur le plan économique, les discussions ont mis en avant la nécessité de stimuler les investissements croisés et de dynamiser des échanges commerciaux encore jugés modestes. Le Premier ministre algérien a insisté sur les opportunités offertes par les réformes engagées en Algérie, notamment la loi sur l’investissement de 2022, le guichet unique dédié aux grands projets et les facilités administratives destinées à attirer les investisseurs étrangers. Les deux parties envisagent également de réactiver la Grande Commission Mixte Algérie–Serbie afin de structurer davantage leur coopération et d’ouvrir la voie à de nouveaux partenariats dans l’énergie, l’industrie ou les infrastructures.
Cette relance bilatérale s’opère toutefois dans un contexte particulier : contrairement à d’autres pays européens, la Serbie n’abrite pas de diaspora algérienne significative. Aucune donnée officielle ne recense une communauté organisée, et aucune association algérienne n’est identifiée sur le territoire serbe. La présence algérienne semble se limiter à quelques étudiants, professionnels expatriés ou familles isolées, sans visibilité institutionnelle. Cette absence s’explique par plusieurs facteurs, dont le fait que la Serbie n’est pas une destination migratoire traditionnelle pour les Algériens, qui privilégient généralement les pays francophones ou ceux offrant davantage d’opportunités économiques.
L’absence d’une diaspora n’empêche toutefois pas les deux pays de miser sur un rapprochement stratégique. Les accords signés à Alger témoignent d’une volonté politique claire de renforcer les liens, de diversifier les partenariats et de donner un nouvel élan à une relation historique. Pour Alger comme pour Belgrade, cette coopération renouvelée pourrait ouvrir la voie à un développement plus ambitieux des échanges économiques et culturels, indépendamment des flux migratoires.
Yacine M