Sahara occidental : Alger réaffirme sa position dans un contexte diplomatique sous tension
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À l’occasion de la Journée de l’Afrique célébrée le 24 mai au siège du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Attaf a replacé le dossier sahraoui au cœur de la scène diplomatique, dans un contexte où plusieurs médias étrangers soulignent l’intensification des pressions internationales autour du conflit. Le ministre, s’exprimant devant les cadres de son département, a tenu à clarifier la lecture algérienne de la phase ouverte depuis le début de l’année par Washington et les Nations unies, deux mois après le second round de pourparlers tenu dans la capitale américaine.
Revenant sur la position historique de l’Algérie, Attaf a rappelé que les derniers développements « confirment la justesse » d’une ligne défendue depuis près d’un demi‑siècle : l’ouverture de pourparlers directs entre le Maroc et le Front Polisario. Cette doctrine, qui structure la diplomatie algérienne depuis 1975, continue de placer les deux protagonistes au centre d’un règlement politique, en dépit des tentatives récentes de certains acteurs internationaux de redéfinir le format des discussions.
Sur ce point, plusieurs médias étrangers ont relevé que la diplomatie américaine cherche à accélérer le processus. Des analyses publiées aux États‑Unis indiquent que Washington a récemment consulté son ancienne ambassadrice à Alger, Elizabeth Moore Aubin, afin d’affiner sa stratégie sur le dossier sahraoui. Ces mêmes sources évoquent une volonté américaine d’« éviter un enlisement » et de maintenir la dynamique ouverte par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025. Des think tanks américains soulignent également que l’administration Trump considère la fenêtre diplomatique actuelle comme « étroite » et souhaite obtenir des engagements plus clairs de la part des acteurs régionaux, notamment Alger.
Dans ce contexte, Attaf a tenu à délimiter avec précision le rôle de son pays dans les discussions. L’Algérie, a‑t‑il insisté, participe « en tant que pays voisin et observateur », au même titre que la Mauritanie. Cette précision, loin d’être formelle, répond directement à la lecture marocaine d’un format quadripartite où Alger serait partie prenante du conflit. La presse européenne, notamment en Espagne et en France, a relevé que cette clarification intervient après les réunions de Madrid et de Washington, tenues à huis clos, où Rabat avait tenté de présenter les quatre capitales comme engagées sur un pied d’égalité. Alger, dès le 9 février, avait rappelé la distinction onusienne entre « parties au conflit » et « pays voisins observateurs », distinction qui demeure l’ossature de sa position.
Sur l’issue souhaitée du processus, Attaf a réaffirmé l’attachement de l’Algérie au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions des Nations unies, dont la 2797 qui sert désormais de base aux pourparlers conduits par Massad Boulos et l’ambassadeur américain Mike Waltz. La presse africaine, notamment panafricaine, souligne que cette position reste constante malgré un ton jugé « plus mesuré » par certains médias américains, qui voient dans les récentes déclarations du président Tebboune une volonté d’éviter une confrontation directe avec Washington tout en maintenant les fondamentaux algériens.
La divergence avec Rabat demeure profonde : d’un côté, le plan d’autonomie marocain, actualisé et présenté à Madrid sous la forme d’un document d’une quarantaine de pages ; de l’autre, la revendication d’un référendum incluant l’option de l’indépendance. Les deux premiers rounds n’ont pas permis de dépasser ce clivage, comme l’ont relevé plusieurs journaux européens qui décrivent un processus « gelé sur les fondamentaux ».
Le prochain rendez‑vous, prévu à Washington, doit permettre à l’administration américaine de tenter une nouvelle médiation. Attaf, qui a reçu le secrétaire d’État adjoint Christopher Landau à Alger le 28 avril, a rappelé que la diplomatie algérienne suivait le dossier sans se laisser entraîner dans une logique bilatérale algéro‑marocaine que certains cercles américains avaient un temps évoquée. La presse étrangère note d’ailleurs que Washington multiplie les contacts avec Alger — visites, consultations, échanges sécuritaires — dans l’espoir de créer un terrain d’entente minimal, tandis que les médias africains insistent sur la nécessité d’une désescalade après les incidents armés survenus dans la région d’Es‑Smara.
Ainsi, le discours d’Ahmed Attaf s’inscrit dans une séquence où l’Algérie cherche à réaffirmer sa doctrine, tout en naviguant dans un environnement diplomatique où les États‑Unis, l’ONU et plusieurs capitales européennes tentent de relancer un processus qui reste, pour l’heure, prisonnier de ses contradictions structurelles.
Sophie K, et Nadia B.