En détention depuis trois mois, Hassan Bouras affirme ne pas connaître les charges retenues contre lui
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Trois mois après son incarcération, le journaliste et militant des droits humains Hassan Bouras affirme ne toujours pas connaître « précisément les accusations retenues » contre lui. L’information a été relayée par sa sœur, Zohral Bouras, qui a publié sur Facebook un message transmis après une visite au centre pénitentiaire de Labiodh Sidi-Chikh.
Dans ce texte, le journaliste met directement en cause son avocat, Hafid Hasni, qu’il accuse de ne lui avoir « même pas expliqué les éléments de mon propre dossier ». Cette prise de position intervient après un message publié le 13 juillet par Me Hasni, dans lequel celui-ci assurait avoir rendu visite à son client, le décrivant comme « combatif et en bonne santé » et saluant ses soutiens.
Hassan Bouras conteste fermement cette version. Selon le message relayé par sa sœur, sa famille l’a trouvé « dans le même état que lors de sa précédente visite » : un genou toujours très douloureux, une tension artérielle instable et un état général en dégradation. Il reproche à son avocat une attitude qui lui donne « le sentiment que vous agissez comme si une condamnation à perpétuité ne vous préoccupait pas, au lieu de défendre mes droits et de rechercher la vérité ». Il ajoute qu’il attendait de sa défense « soutien et protection, non qu’elle ajoute à mes inquiétudes et à mes souffrances ».
Arrêté le 13 avril, Hassan Bouras attend toujours la tenue de son procès. Le 3 mai, il avait entamé une grève de la faim de 26 jours, interrompue seulement après l’intervention publique de sa mère, qui avait menacé de cesser elle aussi de s’alimenter si son fils poursuivait son action.
Le 13 juillet, plusieurs experts des Nations unies ont appelé les autorités algériennes à libérer le journaliste. Une demande qui, pour l’heure, est restée sans réponse.
Essaïd Wakli



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