Algérie : six morts et 82 foyers toujours actifs après une nouvelle flambée d'incendies
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Le point de situation arrêté mardi 21 juillet par la Protection civile recense 131 départs de feu en vingt-quatre heures. Le pays est soumis depuis deux semaines à une canicule qui ne desserre pas.
À Zelazla, hameau accroché aux hauteurs de la commune de Zitouna, dans la wilaya d'El Tarf près de la frontière tunisienne, trente-cinq familles ont quitté leurs maisons mardi 21 juillet dans l'après-midi. Le feu descendait des crêtes. Plus au sud, dans la commune de Cheffia, d'autres habitants des localités de Bouchkala et El Manasser prenaient la route sous escorte des secours.
À 17 heures, la Direction générale de la Protection civile arrêtait son décompte. Cent trente et un incendies de forêts, de maquis, de récoltes agricoles et de palmeraies avaient été enregistrés en une seule journée. Quarante-neuf étaient éteints. Quatre-vingt-deux restaient actifs, répartis sur vingt-quatre wilayas, du littoral est jusqu'aux oasis du Sud.
Le ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a fait état, dans un communiqué distinct du point opérationnel, de six morts. Il a présenté ses condoléances aux familles et annoncé l'envoi de directives aux walis pour lancer sans attendre le recensement des dégâts, en vue d'indemniser les sinistrés. Des commissions d'enquête doivent être installées dans chaque wilaya touchée.
Skikda, dix-sept foyers
C'est là que la carte des feux se resserre. La wilaya de Skikda, sur le littoral est, comptait à elle seule dix-sept incendies mardi soir. À Aïn Kechra, les flammes couraient sur cinq lieux-dits, d'Oued Zeggar à El Adhama. À Aïn Cherchar, cinq autres foyers, de Ferfour à Cherchar. Les communes de Cheraïa, Djendel Saadi Mohamed et Essebt étaient elles aussi engagées.
Derrière Skikda, El Tarf alignait neuf foyers, Guelma et Béjaïa sept chacune, Souk Ahras et Mila cinq. À Guelma, le feu menaçait des habitations à Fedjoudj. Sur le mont Houara, dans la commune de La Kalaâ, les pompiers procédaient à une évacuation préventive ; à Roknia, les villages de Kef Ghrib et Koussi se vidaient de leurs habitants pendant que les secours travaillaient. Dans la wilaya de Bouira, quatre villages de Bordj Okhris ont été évacués, plusieurs autres à El Hachimia.
À Béjaïa, la commune de Boukhelifa a vu partir les habitants de plusieurs villages, sans victime sur place.
À Seraïdi, sur les hauteurs d'Annaba, le vent et des températures records ont poussé les flammes vers les habitations. Les secours ont évacué les résidents des zones exposées et transféré les malades de l'établissement hospitalier de la commune vers des sites plus sûrs, selon un plan préétabli. Les équipes au sol, appuyées par des moyens aériens, y étaient toujours à l'œuvre mardi soir, en coordination avec des unités de l'Armée nationale populaire et les services de sécurité.
Jijel, Sétif, Sidi Bel Abbès complétaient le tableau. Le reste s'égrenait en départs isolés, un feu à Ghardaïa, un à Timimoun, un à Tlemcen, loin des massifs du Nord.
Deux semaines de chaleur
La flambée du 21 juillet prolonge une séquence qui dure. Depuis le 8 juillet, la Protection civile affirme avoir éteint plus de neuf cents incendies à travers le pays, sur fond de bulletins météorologiques spéciaux annonçant des pointes de chaleur sur plusieurs wilayas. Pour tenir la ligne, elle dit avoir mobilisé plus de dix-neuf mille agents, des colonnes mobiles, et sollicité l'Armée nationale populaire ainsi que la Direction générale des forêts. Des hélicoptères lourds Mi-26, capables de larguer de grands volumes d'eau, sont intervenus sur les foyers de Béjaïa et d'Annaba.
La Direction générale de la Protection civile a appelé les habitants des wilayas concernées à ne pas s'approcher des foyers ni des zones sinistrées, à suivre les consignes des autorités et à s'en tenir aux seules informations officielles, à l'écart des rumeurs. La veille encore, le point du matin ne relevait que quarante-deux feux actifs. En moins de trente-six heures, ils ont doublé.
Khaled ROUABAH



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