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Acquittement inattendu pour les accusés du prétendu « complot Rachad »

Le tribunal criminel de Dar El Beida a créé la surprise en prononçant l'acquittement de Kaddour Chouicha, Jamila Loukil et Saïd Boudour. Ces derniers étaient poursuivis depuis près de 30 mois pour « complot contre la sécurité de l'État » et risquaient 20 ans de prison, peine requise par le parquet.


D'autres personnes poursuivies dans cette affaire ont également été acquittés, dont quatre qui étaient en détention depuis avril 2021 : Yasser Rouibah, Mustapha Guerra, Tahar Boutache et Sofiane Rebii. Les trois premiers devraient recouvrer la liberté immédiatement après ce verdict. Seul Sofiane Rebii restera incarcéré, étant détenu dans le cadre d'une autre procédure.


Cette décision a provoqué un immense soulagement chez leurs proches, venus nombreux assister à l'audience. Elle contraste singulièrement avec la sévérité habituelle de la justice algérienne dans ce type d'affaires politiques.


Pourtant, le réquisitoire du procureur était sans appel. Outre le « complot contre l'État », il accusait les prévenus d’« adhésion à une organisation terroriste », le mouvement islamiste Rachad en l’occurrence et réclamait 20 ans ferme à leur encontre.


Des chefs d'inculpation lourds au regard des preuves versées au dossier, jugées maigres par les avocats de la défense. Ces derniers dénoncent d'ailleurs des « détentions arbitraires » et des « actes abjects » que leurs clients disent avoir subis en détention dans les locaux de la police.


Lors de l'audience, plusieurs accusés dont Saïd Boudour et Yasser Rouibah ont en effet livré des témoignages poignants sur les tortures endurées pendant leur garde à vue. Des récits glaçants en total décalage avec l'atmosphère feutrée du prétoire.


En les acquittant, le tribunal a donc marqué une volonté d'apaisement manifeste. Sa décision met fin à 30 mois de détention pour les accusés et lève les contrôles judiciaires imposés à d'autres prévenus.


Sophie K.

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