Affaire Hassan Bouras : des experts de l'ONU exigent la libération immédiate du journaliste
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Quatre mandats des Nations unies pressent l'Algérie de libérer immédiatement le journaliste et défenseur des droits humains Hassan Bouras, alertant sur les risques qui pèsent sur sa vie et son intégrité physique après vingt-six jours de grève de la faim.
Dans un communiqué conjoint diffusé le vendredi 10 juillet 2026 depuis Genève, des experts des Nations unies demandent aux autorités algériennes de procéder à la libération immédiate du journaliste et défenseur des droits humains Hassan Bouras, de garantir sa prise en charge médicale et de mettre un terme aux poursuites judiciaires engagées contre lui.
Le texte porte la signature de la rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, du rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, de la rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, ainsi que de membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire. La convergence de quatre mandats distincts, dans le cadre des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, demeure rare pour un dossier individuel.
Les experts expriment leur vive préoccupation devant le maintien en détention de Hassan Bouras et disent redouter pour sa vie, sa santé et son intégrité physique. Après vingt-six jours de grève de la faim, le journaliste a perdu connaissance à deux reprises et souffre de complications sérieuses, sans avoir bénéficié, selon l'organisation, d'une prise en charge médicale suffisante.
Pour rappel, l'arrestation remonte au 12 avril 2026, lorsque des agents de sécurité en tenue civile interpellent Hassan Bouras devant son domicile, dans la wilaya d'El Bayadh. Le tribunal ordonne ensuite son placement en détention provisoire sous plusieurs chefs d'inculpation, parmi lesquels l'appartenance à une organisation terroriste et la publication de contenus jugés attentatoires à l'intérêt national.
La qualification retenue par les autorités n'est pas celle que retiennent les experts onusiens. Pour la mission genevoise, l'interpellation apparaît liée au travail journalistique de l'intéressé, à son engagement dans la défense des droits humains et à l'exercice pacifique de son droit à la liberté d'expression, dans un contexte qu'elle décrit comme une séquence continue de harcèlement judiciaire visant les journalistes et les défenseurs des droits en Algérie.
Le recours aux dispositions antiterroristes dans des affaires touchant à l'expression publique constitue l'un des points de friction récurrents entre Alger et les mécanismes onusiens, une évolution dont Maghreb Émergent suit les développements depuis plusieurs années, notamment à travers les classements internationaux consacrés à la liberté de la presse et les rapports des organisations de défense des journalistes.
Enfin, les experts formulent trois demandes. Ils appellent les autorités algériennes à protéger la vie et la santé de Hassan Bouras, à lui permettre de communiquer avec son avocat et d'accéder à des soins médicaux appropriés, et à mettre fin aux poursuites judiciaires liées à l'exercice pacifique des droits et libertés.
Le communiqué précise que les experts des Nations unies poursuivent leurs échanges avec le gouvernement algérien au sujet de cette affaire.
Amine B.



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