Affaire de Larbaâ Nath Irathen : le procès en appel renvoyé à la prochaine session criminelle
- 1 mars
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La chambre criminelle de la cour d'Alger devait ouvrir ce dimanche l'audience de rejugement de 92 prévenus, dont 38 condamnés à mort. Le dossier a été renvoyé à la prochaine session, à la demande de la défense.
Le rendez-vous judiciaire tant attendu n'aura pas lieu ce dimanche 1er mars. Le procès en appel de l'affaire de Larbaâ Nath Irathen, qui devait constituer une étape décisive pour les 92 prévenus, dont 38 condamnés à mort, a été renvoyé à la prochaine session criminelle. En cause, selon des informations confirmées par plusieurs sources proches du dossier : les avocats des condamnés ont demandé le renvoi du procès en invoquant le manque de pages dans le dossier de cette lourde affaire criminelle.
Ce nouveau report plonge une fois de plus les familles dans l'attente. Pour elles, ce procès représentait l'ultime recours pour prouver l'innocence de leurs proches. La veille, un communiqué de certaines d'entre elles avait encore appelé à un procès juste, rappelant l'inexistence d'une proximité politique de leurs enfants avec le Mouvement pour l'indépendance de la Kabylie (MAK).
L'affaire de l'assassinat de Djamel Bensmaïl en août 2021 à Larbaâ Nath Irathen revient pour la troisième fois devant les juridictions algériennes, après la cassation par la Cour suprême du verdict précédent. La haute juridiction avait accepté les pourvois en cassation et ordonné le renvoi du dossier devant la chambre d'appel de la cour criminelle d'Alger, autrement composée.
Les faits remontent à l'été 2021. Djamel Bensmaïl, un jeune artiste âgé de 38 ans, avait quitté son quartier à Miliana pour aider à combattre les incendies qui ravageaient la région de Larbaâ Nath Irathen. Pris à tort pour un pyromane, il fut intercepté par une foule en colère. Sa mort violente avait provoqué une vague d'arrestations massives dans la région kabyle.
Les 92 personnes poursuivies dans ce dossier ont, pour certaines, été lourdement condamnées. Les avocats et défenseurs des droits de l'homme ont pointé une enquête à charge et bâclée, ayant visé entre autres des personnes qui n'étaient même pas présentes sur les lieux du crime.
Deux détenus originaires de Larbaâ Nath Irathen sont décédés dans des conditions jugées troubles à la prison de Béchar, un fait que les familles rappellent avec une amertume non dissimulée. La défense, elle, dit aborder ce nouveau procès avec des éléments inédits. Après cinq années de travail sur ces dossiers, les avocats affirment disposer de nouveaux éléments à présenter à la cour, et croient même à la libération de la majorité de leurs clients, qu'ils considèrent comme totalement innocents.
Amine B.



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