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Afrique: Entre excellence du football, coups d’Etat militaires et atteintes aux droits de l’Homme

La frénésie de la fête africaine du football occupe tous les esprits en Côte d'Ivoire, et le regard ébahi du monde entier se fixe sur Abidjan, théâtre grandiose de la prestigieuse 34e édition de la Coupe d'Afrique des Nations.


Telles des bêtes féroces sur le sable des arènes romaines, les joueurs s'affrontent, captivants et embrasant les cœurs des foules en un instant magique, autour du précieux ballon rond.


À la veille de la précédente grande fête du ballon rond « CAF », qui s’est tenue au Cameroun du 9 janvier au 24 février 2022, le père Ludovic, jésuite, avait poussé un rugissement de colère. Il en appelait aux peuples d’Afrique pour qu’ils boudent ce rendez-vous sportif, qui revenait tous les deux ans, pour protester contre l’injustice faite à 47 opposants politiques, jetés en prison pour un à sept ans. Mais sa voix se perdait dans le vent, face à la passion dévorante que le football attisait, partout sur la planète et surtout sur le continent africain, où il est l’objet d’un véritable culte populaire.


Car, les gouvernants africains, incapables de gérer l’économie et la société, se révèlent en revanche prodigieux lorsqu’il s’agit de valoriser leur sélection nationale au détriment du football local. La majorité des joueurs formant leurs équipes nationales respectives jouent en Europe ou dans des pays développés, car l’Afrique regorge, comme on le sait, de jeunes prodiges, à l’état brut, tout comme ses richesses naturelles.


Ce n’est qu’en rejoignant les grandes équipes internationales que ces joueurs perfectionnent et polissent leur jeu, se métamorphosant ainsi en véritables stars. Et les peuples africains éprouvent une immense fierté lorsqu’ils ont le privilège de contempler leurs joueurs nationaux chez eux lors de rencontres africaines, ou les matchs qualificatifs de la Coupe du Monde.


Pendant que les précieuses ressources financières africaines se volatilisent dans l'acquisition d'armements, alimentant ainsi les interminables guerres civiles, les conflits territoriaux et les coups d'État, les politiques consacrées à la construction des infrastructures et au soutien de la formation sportive se voient accorder des miettes négligeables.


Dans ce vaste continent qu'est l'Afrique, les championnats nationaux de football se distinguent malheureusement par une médiocrité désolante. Pourtant, derrière ce triste constat, se cache des pépites insoupçonnées : les joueurs africains sont dotés de talents innés, les propulsant au sommet de leur art. Hélas, aucune politique de formation et de suivi n'accompagne ces jeunes prodiges sur leur chemin semé d'embûches.


Délaissés, livrés à leur propre destin, ils s'adonnent à leur passion sur des terrains abimés et à la nature cruelle. Il en résulte un spectacle tristement pitoyable, tant sur le plan individuel que collectif, qui peine à susciter l'admiration des supporters africains. Pourtant, les spectateurs ne s'abandonnent pas à la morosité ambiante et trouvent refuge auprès des paraboles, ces antennes magiques qui leur permettent d'admirer leurs idoles à travers les écrans de télévisions.


Cependant, dame Nature, aussi prodigue qu'implacable, ne refuse pas son don aux jeunes africains qui manient habilement le ballon, dans les ruelles d'Abidjan, Luanda, Yaoundé aux terrains vagues de Conakry, Libreville ou Nairobi, parcourus à pieds nus. Dans l'illusion d'un avenir prometteur, ils rêvent d'atteindre le Graal, telle une clé d'accès vers l'Eldorado.


Quant aux moins fortunés de ces talents, leur unique option se résume à des périples épuisants et dangereux en direction de l'Afrique du Nord, en attendant patiemment leurs chances d'embarquer à bord de frêles embarcations qui mettront leur vie en péril dès qu'ils oseront se jeter à l'assaut tumultueux des flots.


Le football en Afrique, plus que dans tout autre continent, est souvent considéré comme un moyen d’abêtir et d’assujettir les foules. Cependant, il arrive parfois que cette cruche déborde et que le football réserve des surprises de taille. Un exemple en est la naissance de la fameuse chanson contestataire “La Casa del Mouradia” et d’autres slogans annonciateurs de la révolution du sourire, nés dans les tribunes des stades algérois avant le Hirak en Algérie.


Le football, qui peut être un vecteur de mobilisation populaire, peut ainsi se transformer en un art de la contestation et de la résistance.


La frénésie de la fête africaine du football occupe tous les esprits en Côte d'Ivoire, et le regard ébahi du monde entier se fixe sur Abidjan, théâtre grandiose de la prestigieuse 34e édition de la Coupe d'Afrique des Nations. Telles des bêtes féroces sur le sable des arènes romaines, les joueurs s'affrontent, captivants et embrasant les cœurs des foules en un instant magique, autour du précieux ballon rond.


À la veille de la précédente grande fête du ballon rond « CAF », qui s’est tenue au Cameroun du 9 janvier au 24 février 2022, le père Ludovic, jésuite, avait poussé un rugissement de colère. Il en appelait aux peuples d’Afrique pour qu’ils boudent ce rendez-vous sportif, qui revenait tous les deux ans, pour protester contre l’injustice faite à 47 opposants politiques, jetés en prison pour un à sept ans. Mais sa voix se perdait dans le vent, face à la passion dévorante que le football attisait, partout sur la planète et surtout sur le continent africain, où il est l’objet d’un véritable culte populaire.


Car, les gouvernants africains, incapables de gérer l’économie et la société, se révèlent en revanche prodigieux lorsqu’il s’agit de valoriser leur sélection nationale au détriment du football local. La majorité des joueurs formant leurs équipes nationales respectives jouent en Europe ou dans des pays développés, car l’Afrique regorge, comme on le sait, de jeunes prodiges, à l’état brut, tout comme ses richesses naturelles.


Ce n’est qu’en rejoignant les grandes équipes internationales que ces joueurs perfectionnent et polissent leur jeu, se métamorphosant ainsi en véritables stars. Et les peuples africains éprouvent une immense fierté lorsqu’ils ont le privilège de contempler leurs joueurs nationaux chez eux lors de rencontres africaines, ou les matchs qualificatifs de la Coupe du Monde.


Pendant que les précieuses ressources financières africaines se volatilisent dans l'acquisition d'armements, alimentant ainsi les interminables guerres civiles, les conflits territoriaux et les coups d'État, les politiques consacrées à la construction des infrastructures et au soutien de la formation sportive se voient accorder des miettes négligeables.


Dans ce vaste continent qu'est l'Afrique, les championnats nationaux de football se distinguent malheureusement par une médiocrité désolante. Pourtant, derrière ce triste constat, se cache des pépites insoupçonnées : les joueurs africains sont dotés de talents innés, les propulsant au sommet de leur art. Hélas, aucune politique de formation et de suivi n'accompagne ces jeunes prodiges sur leur chemin semé d'embûches.


Délaissés, livrés à leur propre destin, ils s'adonnent à leur passion sur des terrains abimés et à la nature cruelle. Il en résulte un spectacle tristement pitoyable, tant sur le plan individuel que collectif, qui peine à susciter l'admiration des supporters africains.


Pourtant, les spectateurs ne s'abandonnent pas à la morosité ambiante et trouvent refuge auprès des paraboles, ces antennes magiques qui leur permettent d'admirer leurs idoles à travers les écrans de télévisions.


Cependant, dame Nature, aussi prodigue qu'implacable, ne refuse pas son don aux jeunes africains qui manient habilement le ballon, dans les ruelles d'Abidjan, Luanda, Yaoundé aux terrains vagues de Conakry, Libreville ou Nairobi, parcourus à pieds nus. Dans l'illusion d'un avenir prometteur, ils rêvent d'atteindre le Graal, telle une clé d'accès vers l'Eldorado.


Quant aux moins fortunés de ces talents, leur unique option se résume à des périples épuisants et dangereux en direction de l'Afrique du Nord, en attendant patiemment leurs chances d'embarquer à bord de frêles embarcations qui mettront leur vie en péril dès qu'ils oseront se jeter à l'assaut tumultueux des flots.


Le football en Afrique, plus que dans tout autre continent, est souvent considéré comme un moyen d’abêtir et d’assujettir les foules.


Cependant, il arrive parfois que cette cruche déborde et que le football réserve des surprises de taille. Un exemple en est la naissance de la fameuse chanson contestataire “La Casa del Mouradia” et d’autres slogans annonciateurs de la révolution du sourire, nés dans les tribunes des stades algérois avant le Hirak en Algérie.


Le football, qui peut être un vecteur de mobilisation populaire, peut ainsi se transformer en un art de la contestation et de la résistance.


Yacine M

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