Amar Takdjout s’insurge : la double peine des anciens détenus en Algérie
- 24 févr.
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« Je suis fatigué des problèmes des travailleurs, des ex-syndicalistes, qui ont eu gain de cause devant des tribunaux alors que ces décisions ne sont pas appliquées. Si je dois fuir, si je dois m’en aller, c’est à cause de ce problème qui me hante. Parce que devant la détresse de ces gens-là, je suis dans l’incapacité de régler leur problème ». Celui qui s’exprime ainsi n’est ni un opposant, ni une personne aigrie ; mais c’est Amar Takdjout, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), la plus officielle des organisations syndicales algériennes, qui animait une conférence au siège du quotidien gouvernemental El-Moudjahid.
Le cri de colère de Amar Takdjout est l’illustration parfaite des injustices que subissent des dizaines d’Algériens, notamment ceux qui sont passés par la case prison. D’anciens détenus, condamnés définitivement, ne parviennent pas en effet à regagner leurs lieux de travail malgré des décisions de justice en leur faveur. Il est vrai que des personnes condamnées pour des délits de droit commun font partie de ces catégories. Mais des Algériens poursuivis dans le cadre des activités politiques sont particulièrement lésés. Car, en plus de subir l’injustice de la condamnation pour des faits liés à la libre expression, des posts sur les réseaux sociaux ou encore du militantisme pacifique, ils sont confrontés au refus des employeurs de les réintégrer dans leurs postes de travail. Pourquoi ? Personne ne le sait avec exactitude. Mais la réalité est que ces refus ne sont pas un fait marginal, mais un véritable fléau que les autorités doivent gérer au plus vite. Non seulement parce que des familles entières se trouvent sans ressources, mais parce que sur le plan du principe, une décision de justice doit être appliquée.
Malgré la multiplication de ces cas, rares sont ceux qui osent porter les affaires en public. Ce n’est pas le cas de Karim Djidjelli. Ce fonctionnaire communal d’Aokas (Béjaïa) a été acquitté par le tribunal de Béjaïa. Malgré cela, le P/APC de sa commune a refusé de le réintégrer dans son poste de travail. Le jeune fonctionnaire continue de dénoncer cette situation, même si pour l’instant, cela n’a pas donné de résultat.
Cette injustice s’ajoute à d’autres violations des droits élémentaires des Algériens. Slimane Bouhafs, qui a purgé sa peine de 3 ans en 2023, n’a toujours pas réussi à récupérer sa modeste pension d’invalide qu’il percevait avant d’entrer en prison pour des publications sur les réseaux sociaux. Cela s’apparente à de la double peine pour des Algériens qui sont injustement privés de leurs droits les plus élémentaires après avoir été privés de leurs libertés !
Essaïd Wakli



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