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Amnesty International réclame la libération des journalistes emprisonnés en Algérie

  • 15 mai
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 19 mai

Dans un long réquisitoire, l’ONG Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités algériennes à libérer les quatre journalistes qui se trouvent dans leurs prisons. Il s’agit de Abdlwakil Blamm, de Hassan Bouras, et du Français Christophe Gleizes, tout comme elle demande à cesser de harceler le journaliste Mustapha Bendjama.


Dans un texte publié le 13 mai, Amnesty International rappelle que depuis novembre 2025, les autorités algériennes ont « arbitrairement détenu, poursuivi ou condamné sept journalistes et professionnels des médias uniquement en raison de leur travail dans les médias ou parce qu’ils avaient exprimé leurs opinions. L’un d’entre eux a été condamné à une peine de prison, trois ont été déclarés coupables et ont bénéficié de peines avec sursis, tandis que trois autres se trouvent toujours en détention provisoire. »


Le cas le plus connu actuellement en Algérie est celui du journaliste Abdelwakil Blamm dont le procès qui devait se tenir le 14 mai a été reporté à la prochaine session criminelle. Il est accusé d’avoir « participé à une organisation terroriste », « diffusé de fausses informations » et « porté atteinte à l’unité nationale ». « Il a passé plus de 16 mois en détention provisoire arbitraire depuis son arrestation en décembre 2024. Pendant une semaine après son arrestation, les autorités ont refusé de fournir à sa famille des informations sur le sort qui lui avait été réservé et le lieu où il se trouvait, le soumettant ainsi à une disparition forcée », note le document de Amnesty International. Amnesty International a examiné le dossier et « constaté que le parquet n’avait présenté aucun élément prouvant son implication dans des infractions reconnues par le droit international et les normes internationales », note l’ONG qui rappelle que « la procédure de désignation de personnes ou d’organisations comme "terroristes" en Algérie reste contraire au droit international relatif aux droits humains. »


Plus récemment encore, le journaliste et défenseur des Droits de l’Homme, Hassan Bouras, a été arrêté début mai chez lui à El-Bayedh. Il a entamé une grève de la faim depuis le 03 mai. Amnesty International réclame à ce que le journaliste ait « accès à des soins de santé adéquats, dispensés dans le respect de l’éthique médicale, notamment des principes de confidentialité, d’autonomie et de consentement éclairé. »


Pour Amnesty International, d’autres cas de journalistes ou d’éditeurs sont problématiques. C’est le cas du journaliste français Christophe Gleizes a été condamné en décembre dernier par la cour de justice de Tizi-Ouzou à une peine de 7 ans de prison ferme pour « apologie de terrorisme », de Saad Bouakba qui est toujours poursuivi en justice pour des déclarations ou encore de l’éditeur et militant politique Abdelkrim Zeghileche qui est condamné à plusieurs reprises pour des publications sur les réseaux sociaux. Le journaliste Mustapha Bendjama subit, lui aussi, un harcèlement judiciaire continu depuis des années.


« Les autorités algériennes doivent cesser d’utiliser le système judiciaire de manière arbitraire pour punir des journalistes au seul motif qu’ils font leur travail ou qu’ils expriment des opinions critiques ou controversées. Elles doivent immédiatement libérer les journalistes injustement détenus et leur permettre d’exprimer leurs opinions sans crainte de harcèlement. », indique l’ONG qui relève des contradictions entre les déclarations des autorités qui prétendent respecter la liberté d’expression et la réalité du terrain faite de répression et d’emprisonnements arbitraires.


Essaïd Wakli


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