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Arrestation de Fethi Ghares : un nouvel épisode dans un cycle répressif désormais installé

  • il y a 8 heures
  • 2 min de lecture

Le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS) — formation suspendue par les autorités depuis 2023 — Fethi Ghares, a été arrêté ce matin devant son domicile à Aïn-Naadja, dans la banlieue sud d’Alger, a annoncé son épouse sur les réseaux sociaux.


Cette interpellation survient alors que l’opposant est déjà sous le coup d’une condamnation à deux ans de prison ferme pour « injure à corps constitué », un chef d’inculpation devenu récurrent dans les dossiers visant les figures critiques du pouvoir.


Les raisons exactes de cette nouvelle arrestation n’ont pas été communiquées. Mais Fethi Ghares, 48 ans, a multiplié ces dernières semaines les interventions médiatiques et les prises de position virulentes sur les réseaux sociaux. Il y a notamment mis en cause la gestion gouvernementale des incendies de fin août, accusant les autorités d’inaction et de manque d’anticipation. Ses critiques ont souvent visé directement le président Abdelmadjid Tebboune, un geste politiquement risqué dans le climat actuel.


Ces déclarations s’inscrivent dans une période où les autorités semblent particulièrement sensibles aux discours publics susceptibles de contredire le récit officiel de stabilité et de maîtrise de la situation intérieure.


Avant cette nouvelle interpellation, Fethi Ghares avait déjà été arrêté et incarcéré à plusieurs reprises entre 2021 et 2023. À chaque fois, les poursuites ont été déclenchées à la suite de déclarations publiques, souvent des critiques politiques ou des prises de position sur des sujets sensibles (Hirak, gouvernance, libertés publiques).


Ce cycle ( expression publique → arrestation → procès rapide → condamnation), est désormais bien documenté par les organisations de défense des droits humains. Il illustre l’usage extensif des articles du code pénal relatifs à : l’outrage à corps constitué

et à la diffusion de fausses informations.


Ces dispositions, introduites ou renforcées après 2019, sont devenues les leviers centraux de la criminalisation de l’expression politique.


L’arrestation de Fethi Ghares apparaît comme un signal politique adressé à plusieurs cercles à la fois. Pour l’opposition, elle rappelle que les critiques directes visant le président ou l’action gouvernementale constituent une ligne rouge que les autorités ne tolèrent plus. À l’appareil judiciaire, elle confirme que les articles 146 et 196 bis restent les instruments privilégiés pour encadrer, voire restreindre, le débat public. Enfin, à l’international, elle montre que, malgré les discours officiels sur l’ouverture et la stabilité, la gestion intérieure demeure marquée par un durcissement assumé.


E. Wakli



 
 
 

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