top of page

Arrestations, interpellations en masse : le pouvoir crée un climat de terreur

  • cfda47
  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture

À l’approche du 22 février, les autorités multiplient les arrestations visant des influenceurs et de simples citoyens ayant critiqué le pouvoir.


Simples ouvriers, influenceurs ou personnalités locales ; depuis quelques semaines, les arrestations de citoyens algériens pour de simples vidéos postées sur les réseaux sociaux reprennent à un rythme inquiétant. De rares échos qui proviennent de certaines régions du pays décrivent un climat de terreur qui paralyse tout le monde ; y compris les militants habitués à mener des campagnes de protestations.


C’est le cas d’El-Hachemi Slimani. Cette personnalité du mouvement associatif, connu et apprécié de tous à Boufarik, dans la wilaya de Blida, se trouvait chez lui, dans la journée de lundi 2 février. Sa mère, vieille et malade, son épouse, également souffrante et ses enfants, dont certains en bas âge, sont à la maison. Sans prévenir, des policiers défoncent la porte de l’appartement au début de l’Après-midi. La raison ? « Les policiers m’ont dit qu’un dealer était caché chez moi. Or, il n’y avait personne chez moi ! », crie de colère le quinquagénaire dans une vidéo diffusée juste après sur Facebook. Il a montré des membres de sa famille pris de panique.


« Les policiers n’ont pas le droit de venir sans réquisition du procureur », ajoute-t-il, menaçant les agents de l’Etat de saisir les autorités compétentes. Le lendemain de cette vidéo, devenue virale sur les réseaux, El-Hachemi Slimani a été interpellé et mis sous mandat de dépôt pour « atteinte à corps constitué ».


Le même jour, le jeune youtubeur Abdelhak Bouchrit a été arrêté par la police à Relizane pour avoir filmé les inondations qui avaient touché sa ville quelques jours auparavant. Prise de colère, sa mère s’est rendue au commissariat de la ville. Sans résultat. Le jeune homme a été mis sous mandat de dépôt dans l’attente de son jugement.


Cela s’est passé au moment où un maçon, qui a publié une vidéo où il interpelle publiquement le chef de l’Etat sur la situation sociale des Algériens, a été interpellé. Un autre activiste de la wilaya de Khenchela a été mis sous mandat de dépôt pour des vidéos sur les réseaux sociaux, indiquent des sources locales. La liste est longue.


La situation est tellement inquiétante que des militants des droits de l’Homme ont tiré la sonnette d’alarme. Certains avancent un nouveau raidissement du pouvoir qui craint un soulèvement à l’occasion de la commémoration du 7èmeanniversaire des manifestations de 2019. A chaque fois, c’est le même scénario qui se répète. Souvent, ce sont des militants et activistes politiques qui se font arrêter. Mais depuis quelques mois, de jeunes citoyens, notamment ceux qui disposent d’une aura dans leurs quartiers, se font arrêter pour de simples publications sur les réseaux sociaux.


Ce climat de terreur a un objectif : faire peur et prévenir toute velléité de manifestation des Algériens. Mais les expériences précédentes nous ont appris qu’un tel climat de peur ne peut durer dans le temps. Il finit par produire le contraire de ce qui est recherché, donc l’explosion.


Essaïd Wakli

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page