« C’est insupportable » : les proches de Christophe Gleizes appellent à sa libération

À près de 500 jours derrière les barreaux, les parents du journaliste français Christophe Gleizes s’impatientent. En collaboration avec Reporters sans frontières (RSF), ils ont organisé une campagne médiatique pour appeler à la promulgation d’une grâce présidentielle en faveur du journaliste sportif.
Dans une déclaration commune, Sylvie, la maman et Francis Godard, le beau-père de Christophe Gleizes, disent ne pas comprendre les responsables politiques français et algériens. « On ne comprend pas ce qu’il se passe. Quand nous manifestons publiquement, cela suscite la colère. Quand nous gardons le silence, il ne se passe rien, quand nous faisons appel à la mansuétude du président Tebboune, aucune réponse. Pendant ce temps, l’horloge tourne, un journaliste reste emprisonné et la santé de sa grand-mère de 102 ans qui l’attend se dégrade. Franchement, c’est insupportable. Une chose est certaine : nous sommes plus que jamais résolus à obtenir la libération de notre fils, Christophe », s’indignent-ils.
En attendant le geste humanitaire du chef de l’Etat algérien, Sylvie et Francis Godard ont rendu visite début octobre à Christophe Gleizes dans sa cellule de la prison de Koléa. Ils décrivent un homme « serein » et rieur malgré la prison. « Il a été encouragé par le soutien" exprimé publiquement par Zinedine Zidane, le sélectionneur de l’équipe de France de football. Cela lui a donné encore plus de force et surtout de l’estime parmi les détenus, selon les parents qui assurent que pour la première fois depuis la mise en détention du journaliste en juin 2024, ils ont eu droit à une heure de parloir avec leur fils au lieu des 30 minutes habituelles.
Mais cela commence à peser sur le détenu et sa famille. “Nous sommes ses seuls liens avec le monde extérieur”, souligne sa mère aux médias. « Il ne sait pas ce qui se passe en France ou ailleurs dans le monde », a-t-elle encore ajouté tout en insistant sur le fait que les fonctionnaires de la prison tout autant que les détenus algériens « traitent avec respect » le journaliste de 37 ans.
Interpellé en mai 2025 à Tizi-Ouzou alors qu’il s’apprêtait à réaliser un reportage sur le football en Kabylie et poursuivre une enquête sur la mort accidentelle en 2014 du joueur camerounais de la JS Kabylie, Albert Ebossé, Christophe Gleizes a été condamné et écroué le 29 juin 2025 à 7 ans de prison pour « apologie de terrorisme », la justice algérienne reprochant au journaliste des contacts avec des responsables du MAK, le mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, considéré comme terroriste par Alger. La peine a été confirmée le 03 décembre par la cour de Justice de Tizi-Ouzou. En mars 2026, Christophe Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation, rendant sa condamnation définitive. Désormais, seule une grâce présidentielle signée par Abdelmadjid Tebboune peut faire sortir le journaliste sportif de la prison.
Essaïd Wakli



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