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Quatre ans de prison ferme pour l'économiste Djelloul Slama pour avoir contesté la rentabilité de Gara Djebilet

il y a 2 heures
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Le verdict est tombé ce jeudi 15 octobre 2026. Le tribunal de Dar El-Beïda, à Alger, a condamné le professeur d’économie et expert financier Djelloul Slama à quatre ans de prison ferme pour « diffusion volontaire de fausses nouvelles de nature à porter atteinte à l'ordre public », en application de l'article 196 bis du code pénal. Cette qualification a été associée à une prétendue « entrave à l'investissement dans le but de nuire à l'économie nationale ». Le montant de l'amende n'a pas été précisé.


Les poursuites trouvent leur origine dans une intervention télévisée diffusée sur la chaîne privée El Hayat TV. Invité d'une émission économique en janvier 2026, alors que les autorités présentaient le projet minier de Gara Djebilet comme un symbole du renouveau économique national, Djelloul Slama avait publiquement remis en cause la rentabilité de cette exploitation située dans la wilaya de Tindouf.


L'économiste avait notamment évoqué la qualité du minerai, le coût de son extraction et de son transport ainsi que les incertitudes pesant sur le retour sur investissement. Selon lui, les sommes engagées dans ce projet colossal ne garantissaient nullement sa viabilité économique.


À contre-courant du discours officiel particulièrement enthousiaste entourant l'inauguration de la mine par le président Abdelmadjid Tebboune, Djelloul Slama avait déclaré sur le plateau : « Le projet a englouti 3,5 milliards de dollars. Sa rentabilité n'est pas assurée. » Une analyse qui lui avait valu de vives contradictions de la part d'autres intervenants présents sur le plateau, lesquels reprenaient la position gouvernementale sans véritable débat de fond.


Quelques jours plus tard, le 24 janvier, l'économiste était interpellé puis présenté devant le parquet de Dar El-Beïda. Le 5 février, le juge d'instruction ordonnait son placement en détention provisoire. Son procès, reporté à deux reprises pour des raisons de santé, n'a finalement été jugé qu'après près de huit mois d'incarcération.


Cette lourde condamnation suscite de nombreuses réactions et relance la question de la liberté d'expression en Algérie. Pour ses soutiens, Djelloul Slama n'a fait qu'exprimer une opinion économique dissidente à l'égard d'un projet porté par les plus hautes autorités de l'État. Plutôt que de répondre à ses arguments sur le terrain de l'expertise et du débat public, le pouvoir a choisi la voie judiciaire pour sanctionner une analyse jugée dérangeante.


Les défenseurs de l'économiste soulignent par ailleurs que plusieurs des interrogations qu'il avait formulées demeurent d'actualité. Huit mois après l'inauguration officielle du projet, les infrastructures stratégiques associées à l'exploitation de Gara Djebilet, notamment l'usine de transformation annoncée à Béchar et certains équipements logistiques nécessaires à l'acheminement du minerai, n'étaient toujours pas pleinement opérationnelles.


La condamnation de Djelloul Slama a provoqué une vague d'indignation sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes, journalistes et universitaires dénoncent une criminalisation de l'expertise économique et du débat contradictoire. L'économiste a annoncé son intention de faire appel, dans l'espoir que la justice distingue l'expression d'une opinion professionnelle de ce qui constitue réellement une atteinte à l'économie nationale.



Sophie K et Essaïd Wakli

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